Actualisé 07.10.2010 à 14:10

Réseaux sociauxPlainte déposée contre Facebook «Lieux»

L'avocat Sébastien Fanti n'a pas perdu de temps. Alors que le service de géolocalisation de Facebook vient d'être lancé mardi, il demande déjà sa fermeture.

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La fonction «Places» («Lieux» en français) n'a pas que des adeptes.

La fonction «Places» («Lieux» en français) n'a pas que des adeptes.

«Ce service viole ouvertement la sphère privée des utilisateurs», s'insurge Sébastien Fanti dans les colonnes du «Matin». L'avocat, spécialiste des nouvelles technologies, s'en prend à la nouvelle fonctionnalité «Lieux» de Facebook lancée depuis mardi en Suisse. Ce service de géolocalisation, qui permet à tout utilisateur du réseau social de partager son positionnement géographique depuis son téléphone portable et de savoir quels amis se trouvent dans les alentours, met en péril la sphère privée des utilisateurs, selon l'avocat valaisan. Il a ainsi envoyé mercredi une dénonciation au préposé fédéral à la Protection des données et à la transparence (PFPDT) pour tirer la sonnette d'alarme, rapporte le quotidien romand.

Bien que, dans un souci de transparence et de protection de la vie privée, le réseau social assure qu'il n'y a pas un suivi GPS automatique de la position de l'utilisateur - lorsque ce dernier change de lieu, il devra de nouveau indiquer sa position - l'homme de loi n'est pas rassuré pour autant: «Que des connaissances échangent des informations ne me pose aucun problème, mais on ne dit pas aux utilisateurs que leurs données vont être vendues. Cela intéressera sûrement un magasin de savoir qui précisément a visité son enseigne», explique l'avocat dans «Le Matin». D'autres utilisations possibles de Facebook «Lieux» inquiètent le spécialiste, comme par exemple la possibilité pour des prédateurs sexuels de géolocaliser des proies ou d'utiliser le service pour signaler des lieux compromettants.

«Un écran de fumée»

«S'attaquer uniquement à Facebook risque de créer un écran de fumée. On dépeint le réseau social comme le diable et on fait circuler l'idée que tout le reste fonctionne parfaitement», réagit Stéphane Koch, spécialiste en communication et technologie de l'information. Ce dernier estime que Facebook a fait des progrès au niveau de la mise en œuvre de son service. Les options de partage de Facebook «Lieux» ne sont pas activées par défaut et le positionnement n'est visible qu'aux «amis», remarque-t-il.

«Ce sont des préoccupations importantes, mais des choses doivent être légiférées en amont au niveau européen et agir seulement contre Facebook n'est pas une solution efficace», nous explique-t-il, avant d'ajouter qu'«il y a deux poids, deux mesures. On s'inquiète moins par exemple du contrôle des images collectées par les caméras de vidéosurveillance ou des bases de données enregistrées par les cartes de fidélité de la Coop, de la Migros ou du site Amazon, ni d'ISIS, la base de données relative à la protection de l'Etat du Service de renseignement de la Confédération, à laquelle je n'ai par exemple pas eu accès».

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