«Incitation à la violence»: Plainte déposée contre le «Jeu de la mort»
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«Incitation à la violence»Plainte déposée contre le «Jeu de la mort»

Deux anciens ministres français ont porté plainte contre le documentaire le «Jeu de la mort» qui avait été diffusé sur France 2 et sur la TSR.

par
fab

«Choquant et révoltant. Alors que son ambition était de dénoncer les dérives de la téléréalité, 'le Jeu de la mort' en fait l'apologie». Voilà ce que pensent du documentaire diffusé le 12 mars sur la TSR et le 17 sur France 2 Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès, deux politiciens socialistes français. De nombreux débats avaient entouré la diffusion du «Jeu de la mort» et suscité de vives polémiques quand à l'intérêt de le montrer à la télévision.

Estimant que le film de Christophe Nick est une incitation à la violence, ces anciens ministres du Logement et de l'Intérieur ont décidé de déposer une plainte à l'encontre du réalisateur du documentaire et du directeur des programmes de France Télévisions.

Cette plainte dénonce une «provocation directe à la commission d'atteintes volontaires à la vie et à l'intégrité de la personne», réprimée par la loi de 1881 sur la liberté de la presse, explique Le Parisien.

Pour Marie-Noelle Lienemann, 58 ans, «il ne s'agit pas de remettre en cause la liberté d'expression et de création» avec cette démarche mais plutôt de «clarifier ce qui est permis à la télévision et ce qui ne l'est pas». Ce à quoi Paul Quilès, 68 ans, précise: «Nous ne jouons pas les pères la vertu, mais on ne peut pas dire et présenter n'importe quoi au nom d'une liberté sans frein».

Un échec du point de vue scientifique

Avec le «Jeu de la mort», ses réalisateurs avaient l'intention de montrer et de dénoncer la force de la télévision et sa capacité à manipuler les esprits et les actes des gens. C'est un véritable échec selon les plaignants qui estiment que «les auteurs ont tout simplement incité les candidats à commettre des actes de torture». Malgré les explications entourant le jeu et la participation d'une équipe de chercheurs à la démarche, ce reportage est «dénué de tout intérêt scientifique» n'en devenant «qu'une banalisation choquante de la violence», peut-on lire dans la plainte, selon Le Parisien.

Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès condamnent également le fait que le documentaire ait été diffusé en prime time sur une chaîne du service public, ce qui était aussi le cas en Suisse.

Selon les politiciens, le programme n'était pas assez balisé. «C'est d'autant plus grave que, comme le prévoit sa charte, France Télévisions s'abstient en général de montrer, notamment dans les journaux, le spectacle de la violence pour la violence. Imaginons l'impact du 'Jeu de la mort' sur les esprits fragiles ou sur un jeune de 13 ans qui aura pris cette émission en cours!», s'insurge Paul Quilès.

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