Nature: Plantes ornementales toxiques pour les abeilles
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NaturePlantes ornementales toxiques pour les abeilles

Une étude critique les grandes enseignes du pays, qui vendraient des espèces nocives pour les butineuses. En toute légalité, toutefois.

par
David Maccabez

Les plantes à fleurs vendues en grandes surfaces sont une menace pour les abeilles. C'est ce qu'avance une étude de Greenpeace dont les résultats ont été publiés jeudi. Selon l'ONG, sur dix échantillons prélevés chez Migros, Coop, Obi ou Jumbo, tous présentaient des traces de produits dangereux pour les abeilles et quatre contenaient des traces de néonicotinoïdes.

Ces pesticides, partiellement interdits, se retrouvent donc dans les jardins ou sur les balcons. Leur utilisation est en effet interdite pour la production horticole en extérieur et pour celle labellisée bio, mais pas pour des plantes qui poussent sous serre. Du coup, Greenpeace demande aux distributeurs de cesser immédiatement les ventes. Chez Coop, on insiste sur le fait que les lois sont respectées. «De plus, seule une des deux plantes testées chez nous contenait des nicotinoïdes, et en très faible quantité», précise Ramon Gander, porte-parole. Le distributeur ajoute que l'étude de Greenpeace n'a pas pris en compte les vendeurs les plus importants du pays, comme les magasins Landi, par exemple.

La solution serait alors de changer les règles. Contacté, l'Office fédéral de l'agriculture déclare prendre acte de ces résultats, mais il temporise. «Nous analysons la situation et, si elle l'exige, nous prendrons des mesures», explique Olivier Félix, spécialiste des pesticides. L'étude a été menée dans 10 pays d'Europe. Sur les 86 échantillons analysés, seuls deux étaient exempts de produits chimiques.

Pas le vrai souci

Pour Guy Rouiller, secrétaire de l’Association romande des apiculteurs-éleveurs, les principales causes de mortalité des abeilles restent les parasites et les virus. Surtout le varroa, un ravageur qui décime les ruches et contre lequel il n’existe pas de remède miracle. Sur les pesticides, le vrai danger vient de l’agriculture et de l’arboriculture. Cela dit, précise Guy Rouiller, «le traitement se fait avant ou après le passage de nos abeilles. Et s’il y a des problèmes, on ne revient plus.»

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