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Vaud/GenèvePluie de sanctions contre des chômeurs inscrits

Les chiffres pour 2012 issus du Service de l'emploi du canton de Vaud demeurent élevés. Alors qu'à Genève, il n'existe pas vraiment de statistiques officielles...

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Christian Humbert / tpi

Sur une moyenne de 25 000 demandeurs d'emploi l'an dernier, 29 412 sanctions ont été prononcées à la suite notamment d'absences à des convocations à l'Office régional de placement (ORP), des non-présentations à des postes de travail proposés, et des défauts de recherches d'emploi sérieuses. Ces peines consistent à des jours retenus sur les indemnités versées en tant que chômeurs inscrits à l'ORP et à une caisse de chômage.

Et là aussi, les chiffres fournis par le Canton sont éloquents: 196 400 jours de sanctions prononcées en 2012. «Cela représente 2500 sanctions par mois», poursuit le chef du Service de l'emploi du canton, Roger Piccand. Mais il ne constate pas une hausse significative de ces statistiques par rapport aux années précédentes.

Et lorsque de faux documents sont présentés ou que la personne soit-disant au chômage travaille au «noir» sans rien déclarer à l'ORP, c'est la justice qui punit sur la base de dénonciations aux procureurs.Il y a eu 180 plaintes pénales en 2012, indique Roger Piccand: «Seule une minorité tend à commettre des abus.»

On préfère «faire confiance» à Genève

Pas de réelles statistiques officielles sur le nombre de fraudeurs à Genève. «On part du principe que l'on fait confiance au demandeur d'emploi» avec un «contrôle minimum», explique Laurent Paoliello, secrétaire général adjoint du Département de la solidarité et de l'emploi. Mais il dévoile que 4000 sanctions y sont prononcées en moyenne chaque année pour diverses infractions, comme des retards de pointage. Une soixantaine de dénonciations pénales sont également recensées annuellement à Genève.

Des preuves de recherches d'emploi bidon?

«Je ne signe pas les recherches d’emploi anonymes car il paraît qu'elles sont ensuite vendues aux chômeurs qui doivent remplir leur quota chaque mois», raconte un restaurateur lausannois, précisant que ces pratiques ont semble-t-il disparu ces derniers temps. Chef du service de l'emploi du canton de Vaud, Roger Piccand a aussi entendu parler de cette arnaque: «C'est difficile à démontrer. Nous déposerions plainte face à de tels cas. Les employeurs potentiels signataires de tels documents participent à l'augmentation des coûts du chômage qu'ils financent aussi. Ils ne doivent pas signer n'importe quoi.»

Michel Cambrosio Redmer, chef du service du travail à Lausanne, confirme: «Nous nous sommes toujours doutés de telles pratiques mais c'est impossible à prouver si nous ne prenons pas sur le fait. Nous nous méfions si les recherches viennent toutes du même quartier. Il y a alors sanction ».

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