Avalanche au Népal: «Plus aucun espoir de retrouver les disparus»
Actualisé

Avalanche au Népal«Plus aucun espoir de retrouver les disparus»

Les recherches pour retrouver les derniers survivants de l'avalanche du Mont Manaslu, au Népal, ont été suspendues lundi. Le drame a fait neuf morts, tandis que cinq rescapés ont été secourus dimanche, dont un Suisse.

par
jou

Les recherches ont été stoppées lundi au mont Manaslu au Népal, éliminant quasiment tout espoir de retrouver des survivants au lendemain d'une avalanche qui a fait neuf morts et sept disparus, selon des responsables français. Cinq alpinistes avaient été retrouvés sains et saufs lundi matin, avant l'arrêt des recherches.

«Il n'y a plus d'espoir de retrouver des disparus», a déclaré en France le vice-président du Syndicat national des guides de montagne, Christian Trommsdorff, qui est en relation avec les équipes de secours de l'Himalaya. Selon lui, le bilan s'établit à neuf morts et sept disparus.

Parmi les décédés, on compte quatre Français, deux guides de Chamonix accompagnés de deux clients. Un autre guide français, Rémy Lécluse un skieur de l'extrême réputé, et son client figurent parmi les disparus. Rémy Lécluse, 48 ans, avait ouvert de nombreuses voies, notamment dans les Andes ou l'Himalaya.

Au nombre des autres victimes, on recense un alpiniste canadien, des Espagnols, un Italien, un Allemand et un Népalais. Les ministères français et allemand des Affaires étrangères ont confirmé la mort de leurs ressortissants.

Dans un premier temps, les autorités népalaises avaient fait état de onze morts, dont sept français, au mont Manaslu, qui culmine à 8163 m et est le huitième plus haut sommet du monde.

Alpinistes secourus

Des hélicoptères ont ramené cinq alpinistes sains et saufs, dont deux Italiens, et six corps. La radio France Info a évoqué lundi un Suisse parmi les survivants. Le Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) a pour sa part indiqué à l'ats qu'il n'y a pour l'heure aucune information selon laquelle des ressortissants suisses ont été touchés par l'avalanche.

Huit autres alpinistes, qui ne sont pas blessés, se trouvent toujours dans le camp et certains pourraient continuer leur ascension, selon la police locale.

Le groupe emporté par l'avalanche était composé d'une trentaine d'alpinistes partis conquérir l'un des sommets les plus difficiles et dangereux du monde. Leur campement était installé à 6800 m d'altitude. Les alpinistes ont été frappés dans leur sommeil par la chute d'un mur de glace et de neige.

Craintes pour le tourisme

Cette avalanche est la catastrophe la plus grave en près de 20 ans. En 1995, au moins 42 personnes, dont 17 étrangers, avaient trouvé la mort dans le secteur de l'Everest.

Le Népal, qui se remet difficilement de dix années de guerre civile, craint que cet accident ne porte un rude coup au tourisme, vital pour son économie. Le tourisme représente 4% du produit intérieur brut (PIB) du pays.

Selon lui, 232 étrangers ont obtenu l'autorisation d'entreprendre l'ascension du Manaslu pour la saison d'automne qui a commencé ce mois-ci. Ces alpinistes sont accompagnés de plus de 150 guides locaux et de personnel d'assistance.

(jou/ats/afp)

L'identité des victimes attendue

La communauté montagnarde de Chamonix, dans les Alpes françaises, durement frappée par l'avalanche au Népal, qui a fait sept victimes françaises dont trois guides, attend avec résignation leur identification.

«C'est un drame ici dès qu'on perd un guide», lâche résigné Eric Houal, derrière le comptoir de son bar, en face des bureaux de la Compagnie des guides de Chamonix.

Les trois guides indépendants qui figurent parmi les victimes, ne font pas partie de la compagnie des guides de Chamonix, mais sont reconnus dans la profession comme «expérimentés», l'un d'eux ayant déjà gravi 9 sommets de 8.000 mètres.

«Chamonix reste un petit village où tous les gens du cru se connaissent, sont allés à l'école ensemble», ajoute Eric Houal.

«Forcément parmi les victimes il y aura des personnes que l'on connaît», lance fataliste ce quadragénaire qui «redoute» l'annonce des identités.

«Le risque zéro en montagne n'existe pas, on le sait mais on s'habitue jamais à ce genre de drame», conclut-il.

Une angoisse partagée par Laurent Sohn, un quinquagénaire employé à la Mer de Glace pour qui ce drame «touche toute la communauté montagnarde».

Ton opinion