Suisse: Plus d'une firme sur trois victime de fraudeurs
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SuissePlus d'une firme sur trois victime de fraudeurs

La criminalité économique s'est amplifiée en Suisse et plus d'une entreprise suisse sur trois en a été victime au cours des deux dernières années, selon une étude du cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC).

Face aux fraudeurs internes, les employeurs ont quant à eux nettement serré la vis. La part des entreprises qui déclarent avoir subi une fraude a gonflé à 37%, contre 18% en 2011, révèle la nouvelle enquête sur la criminalité économique de PwC publiée mercredi. Il faut remonter aux années 2005 et 2007 pour retrouver de tels niveaux.

Mais les firmes sont aujourd'hui davantage disposées à sanctionner durement ce type de délinquance, selon le sondage. Désormais, le collaborateur coupable sera licencié dans 82% des cas, contre seulement 60% voici deux ans et des procédures civiles seront engagées dans 59% des cas.

En comparaison internationale, les entreprises helvétiques sont donc plus sévères. L'enquête au niveau global montre en effet que 79% des firmes ont renvoyé le coupable et que seules 44% ont saisi la justice.

Tolérance zéro

En matière de surveillance, 35% de délits sont détectés grâce aux contrôles internes. L«ancrage dans la culture d«entreprise du principe de «tolérance zéro» semble cependant encore plus efficace, puisqu'il a permis d'identifier 36% de cas supplémentaires, selon PwC.

Par type de malversation, l'abus de confiance figure en tête, avec près de deux cas sur trois recensés au cours des deux dernières années en Suisse. La cybercriminalité, elle, a touché plus du quart des sondés, mais les deux tiers estiment que le risque a augmenté.

Seules 3% des organisations suisses affectées ont eu affaire à des cas de corruption, un taux très faible comparé aux 27% à l'échelle globale. Néanmoins, plus d'un répondant sur 10 dans le pays s'attend à être confronté à un tel épisode dans les deux ans à venir.

En comparaison internationale, les organisations helvétiques font en général preuve de plus de retenue vis-à-vis de la délinquance économique, observe l'expert. Contrairement à certains pays anglo-saxons, la Suisse n'applique pas l'obligation de déclaration de soupçon, dans les cas de cybercriminalité par exemple, rappelle-t-il.

Tolérance zéro

Dans 55% des cas, le délinquant est un employé, dont le profil type - un homme, qualifié, de plus de 41 ans et collaborateur depuis plus de 3 ans - n'a pas changé. Mais désormais, l'employeur sanctionne plus durement et le licencie dans 82% des cas, contre 60% auparavant. En deux ans, les procédures civiles ont presque doublé et 59% des répondants en Suisse ont saisi la justice (44% au plan international).

Sur le front de la surveillance, 35% des délits sont détectés grâce aux contrôles internes. L«ancrage dans la culture d«entreprise du principe de «tolérance zéro» porte ses fruits, puisqu'il a permis d'identifier 36% de cas, contre 24% voici deux ans, se réjouit M. Mautone. En Suisse, dans un cas sur dix, c'est un lanceur d'alerte qui a permis de déceler le crime, soit davantage qu'à l'échelle globale (5%).

Dommages collatéraux

Dans la majorité des cas (71%), les dommages causés par les malversations se chiffrent à moins de 1 million de dollars (890'460 francs). En revanche, les organisations se préoccupent toujours plus des effets collatéraux sur leur réputation, le moral de leurs employés et leurs relations d'affaires, notent les auteurs.

L'enquête de PwC en Suisse a porté sur un total de 83 organisations, sur la base d'une participation anonyme, dont des firmes cotées en bourse et certaines entités publiques, a précisé M. Mautone. Au plan mondial, le sondage englobe 5128 répondants dans 95 pays. (ats)

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