Explosions à la voiture piégée: Plus de 100 morts dans des attentats sanglants à Bagdad
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Explosions à la voiture piégéePlus de 100 morts dans des attentats sanglants à Bagdad

Cinq attentats à la voiture piégée ont frappé Bagdad à quelques minutes d'intervalle mardi, au surlendemain de l'adoption par le Parlement de la loi électorale.

Au moins 101 personnes ont été tuées et 182 blessées, selon un nouveau bilan fourni par une source du ministère de l'intérieur.

Dans le quartier de Dora à l'entrée sud de Bagdad, un kamikaze a fait exploser sa voiture contre une patrouille de la police devant l'Institut de Technologie, tuant quinze personnes (trois policiers et douze étudiants), a précisé cette source.

Les quatre autres attentats ont visé le palais de Justice dans le quartier de Mansour (ouest), le ministère du Travail rue de Palestine, l'antenne du ministère de l'Intérieur à al-Nahda et le marché Rassafi à Chorja (centre). La première explosion a été suivie dans les minutes par les autres déflagrations.

Loi électorale

Ces explosions interviennent après l'adoption dimanche par le Parlement de la loi électorale qui ouvre la voie à la tenue des deuxièmes élections législatives depuis la chute du régime de Saddam Hussein en 2003.

Le mode opératoire ressemble à celui des attentats du 19 août et du 25 octobre à Bagdad qui avaient fait au moins 250 morts. Ces attentats avaient été attribués au réseau extrémiste Al-Qaïda et à des affidés de l'ancien régime de Saddam Hussein.

Si les violences en Irak sont clairement à la baisse, les insurgés parviennent toujours à organiser des attaques particulièrement sanglantes dans le pays.

Le mois de novembre avait été le mois le moins sanglant depuis l'invasion menée par les Etats-Unis en 2003. Mais l'armée américaine et le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki avaient prévu un regain des attaques à l'approche du scrutin législatif début 2010.

Décrédibiliser le pouvoir chiite

Après les attaques d'août et octobre qui avaient visé à Bagdad les symboles du pouvoir tels des ministères, les commandants américains ont estimé qu'Al-Qaïda avait changé de tactique en décidant de s'attaquer au pouvoir chiite pour tenter de le décrédibiliser à l'approche des élections.

Celles-ci sont cruciales pour l'avenir du pays car elles devraient établir l'échiquier politique pour les années à venir. Mais leur tenue dans de bonnes conditions - à une date qui n'a toujours pas été fixée - est aussi essentielle pour l'administration américaine, qui a souhaité accélérer son retrait du pays.

Les troupes de combat doivent avoir quitté l'Irak d'ici août 2010, un prélude au désengagement total fin 2011, selon les termes d'un accord de sécurité signé entre Bagdad et Washington. Quelque 115'000 soldats américains sont actuellement déployés en Irak. (ats)

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