Actualisé 05.03.2012 à 18:20

YémenPlus de 100 soldats tués dans une attaque

Un attentat attribué à Al-Qaïda contre l'armée yéménite a fait plus de 100 morts. Cet assaut s'inscrit en pleine transition politique avec le récent départ de l'ancien président Saleh.

Plus de 100 soldats ont été tués au Yémen dans une attaque attribuée à Al-Qaïda. Il s'agit de l'un des assauts les plus meurtriers contre l'armée dans un pays qui vient à peine de connaître une transition politique avec le départ de l'ex-président Saleh.

Le nouveau président, Abd Rabbo Mansour, a fait de la lutte contre Al-Qaïda une priorité de son mandat de deux ans. Mais le jour-même de sa prestation de serment le 25 février, le réseau extrémiste a tué 26 soldats de la Garde républicaine, corps d'élite de l'armée, à Moukalla (sud-est).

Depuis, les attaques attribuées à Al-Qaïda se sont multipliées pour culminer dimanche avec celle, massive, contre une caserne à Koud dans la province d'Abyane (sud) contrôlée par Al-Qaïda depuis mai 2011. Celle-ci a coûté le vie à 103 soldats et blessé des dizaines d'autres, selon un dernier bilan lundi de l'hôpital militaire d'Aden.

Selon une source militaire, des hommes armés appartenant à Al- Qaïda ont dans un premier temps commis un double attentat suicide à la voiture piégée près de la caserne. Ils se sont ensuite emparés d'armes avant de lancer leur assaut contre les militaires.

Complot évoqué

De nombreux soldats sont toujours portés disparus. Vingt-cinq membres du réseau extrémiste ont également été tués. Un gradé de l'armée a parlé de «massacre», précisant que «l'attaque surprise» avait été menée par les «Partisans de la charia», un groupe lié à Al- Qaïda.

Le personnel de l'hôpital d'Aden a été submergé par le nombre de blessés, a indiqué un responsable médical. «On a dû utiliser les bureaux et les salles d'attente pour les soigner».

Certains des soldats ayant survécu ont affirmé que les assaillants avaient profité de complicités parmi les militaires. «C'était une conspiration car nous avons été attaqués par derrière avec la complicité d'une partie des gardes qui ont rendu leurs armes et véhicules aux assaillants», a dit l'un d'eux.

Ménage nécessaire

Les assaillants ont capturé 56 soldats, dont sept officiers, selon des sources militaires. «Al-Qaïda se livre à des démonstrations de force pour dire que le réseau est capable de résister à toute offensive majeure», estime Majed al-Mabjahi, un analyste yéménite.

Le nouveau président s'attelle à restructurer l'armée qui a connu des divisions pendant un an de contestation contre Ali Abdallah Saleh. Certaines unités, comme la 1ère division blindée commandée par Mohsen Al-Ahmar, s'étaient rangées du côté des protestataires et d'autres, comme la Garde républicaine commandée par Ahmed, propre fils de M. Saleh, étaient restées fidèles à son régime.

L'une des premières décisions de M. Mansour a été de remplacer le commandant des unités basées dans le Sud, jugé trop proche de l'ex- président et soupçonné de collusion avec Al-Qaïda dans l'attaque de Koud.

Double-jeu

M. Saleh s'est toujours présenté comme un allié des Américains dans la lutte antiterroriste, mais ses détracteurs l'ont accusé d'avoir laissé en sous-main Al-Qaïda étendre son emprise pour ensuite se poser devant l'Occident en rempart contre ce réseau.

Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), née de la fusion des branches saoudienne et yéménite de l'organisation, a mis à profit l'affaiblissement du pouvoir à Sanaa, pour renforcer sa présence dans le Sud et l'Est. L'armée peine à déloger le réseau des localités qu'il contrôle même si elle se fait aider par des tribus.

Les Etats-Unis admettent fournir conseils et équipements aux unités yéménites face à Al-Qaïda. Ils n'ont cependant jamais reconnu mener des raids militaires contre des membres du réseau au Yémen comme l'affirment des responsables militaires yéménites.

(ats)

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