Yémen – Plus de 100 victimes dans une frappe contre une prison

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YémenPlus de 100 victimes dans une frappe contre une prison

En guerre depuis sept ans, le Yémen connaît une vive escalade de la violence entre les rebelles Houthis et les forces gouvernementales.

L’attaque contre la prison de Saada n’a pas encore été revendiquée.

L’attaque contre la prison de Saada n’a pas encore été revendiquée.

AFP

Une frappe aérienne a été perpétrée vendredi, contre une prison de Saada, le fief des rebelles Houthis, dans le nord du Yémen. «Il y a plus de 100 morts et blessés, et cela augmente», a déclaré Bachir Omar, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) au Yémen. Commise dans la nuit, l’attaque n’a pas été revendiquée dans l’immédiat. L’ONG Médecins sans frontières (MSF) évoque un acte «horrible».

Toujours dans la nuit, la coalition dirigée par l’Arabie saoudite a frappé la ville portuaire de Hodeida (ouest), également aux mains des rebelles. Aucun bilan n’était disponible dans l’immédiat pour cette attaque, mais elle a provoqué une panne d’Internet dans tout le pays. C’est par cette ville que transite la majeure partie de l’aide humanitaire destinée au pays. Un enjeu vital dans la guerre qui oppose les Houthis, soutenus par l’Iran chiite, aux forces du gouvernement yéménite appuyé par la coalition de l’Arabie saoudite sunnite.

Hôpital surchargé

Les rebelles ont diffusé une vidéo montrant des scènes macabres présentées comme les conséquences de la frappe aérienne contre la prison de Saada, avec des bâtiments bombardés, des secouristes dégageant des corps des décombres et des cadavres mutilés à proximité. «De ce que j’ai entendu de la part de collègues à Saada, il y a de nombreux corps sur le site de la frappe, et de nombreux disparus», a indiqué dans un communiqué Ahmed Mahat, le chef de la mission de Médecins sans frontières, au Yémen.

L’hôpital de la ville a accueilli jusqu’ici quelque 200 blessés et dit qu’il ne pouvait plus en accueillir, selon lui.

Réunion à New York

Ces frappes interviennent cinq jours après la revendication par les rebelles d’une attaque au drone et au missile qui a frappé des installations pétrolières et aéroportuaires à Abu Dhabi, capitale des Émirats arabes unis, tuant trois personnes et en blessant six. Les Émirats sont membres de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite. À New York, les membres du Conseil de sécurité doivent se réunir en session d’urgence.

Cette escalade intervient après que les rebelles Houthis ont détourné le 3 janvier un navire battant pavillon des Émirats arabes unis en mer Rouge. La coalition avait ensuite averti qu’elle bombarderait les ports tenus par les rebelles.

(AFP)

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