Vaud: Plus de 160 chiens ont dû être évalués en une année
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VaudPlus de 160 chiens ont dû être évalués en une année

Plus ou moins graves, les morsures d'animaux sont bien plus fréquentes qu'il n'y paraît. Mais moins de la moitié donnent lieu à une procédure.

par
Xavier Fernandez
Pour sauver Spok, une opération d'urgence a été nécessaire.

Pour sauver Spok, une opération d'urgence a été nécessaire.

DR

Il y a quelques jours, une habitante du Gros-de-Vaud se promenait avec son jack russel quand, tout à coup, un golden retriever l'a attaqué. De peu, le petit Spok n'y a pas laissé sa peau. Mais il a quand même dû être opéré d'urgence. Actuellement, il se remet progressivement de ses 18 points de suture.

La propriétaire de la victime a demandé qu'une évaluation comportementale de l'agresseur soit effectuée par les services vétérinaires cantonaux. Le golden retriever est donc suivi par des professionnels et son sort est entre leurs mains. Tout comme l'est celui de Malone, l'amstaff qui avait massacré un épagneul début mars, à Écublens (VD), attaque dont la vidéo avait été largement partagée sur les réseaux sociaux.

Trois à quatre évaluations par semaine

Et ces deux cas ne sont de loin pas isolés. «En moyenne, nous effectuons 3 à 4 évaluations de chien par semaine», estime le vétérinaire cantonal vaudois.

En tout, les services de Giovanni Peduto ont traité 385 cas de morsures en 2018, dont presque la moitié sur des animaux, et 161 chiens ont subi une évaluation comportementale. Mais une seule concernait un chien appartenant à une race potentiellement dangereuse. «Une évaluation est ordonnée en cas de morsure, notamment si la dynamique de l'accident n'est pas claire. Mais toutes les morsures ne donnent pas lieu à une évaluation», explique le vétérinaire cantonal.

À noter que l'évaluation comportementale, qui dure environ une heure, n'est que l'une des étapes d'une instruction (lire encadré). Finalement, sur les 385 animaux ayant mordu en 2018, seuls deux ont dû être euthanasiés. «Les mesures les plus fréquentes sont le suivi de cours, le port de la muselière ou la laisse obligatoire», souligne Giovanni Peduto.

«Le gros chien a massacré le petit»

20.03.2019 Une vidéo circule sur les réseaux sociaux où l'on voit un amstaff mettre à mort un épagneul papillon, sous les yeux de sa jeune propriétaire.Si les faits remontent au 5 mars, c'est mardi que la vidéo a commencé à circuler massivement. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les images sont très crues.

Recours à un éducateur canin

Et ce dernier d'ajouter qu'il n'est pas possible de faire évaluer son chien de manière volontaire. «Cela se fait lorsqu'il y a un comportement agressif supérieur à la norme, même en absence de morsure. Mais ces évaluations sont contraignantes. Pour une démarche volontaire, le détenteur doit s'adresser à un éducateur canin.»

Les différentes étapes d'une instruction

Pour décider du sort d'un chien agressif, les services vétérinaires montent un dossier. Pour commencer, la partie administrative de l'évaluation consiste à retracer l'historique de l'animal. Puis on analyse son comportement en le confrontant à d'autres animaux, des adultes et des poussettes pour enfant. Ensuite, tant les propriétaires que les victimes sont entendus. Pour finir, différents experts donnent leur avis, et, en dernier lieu, le vétérinaire cantonal tranche.

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