Grippe porcine: Plus de 230 cas dans le monde: le Mexique est à l'arrêt
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Grippe porcinePlus de 230 cas dans le monde: le Mexique est à l'arrêt

Près d'une semaine après l'émergence de la grippe porcine, l'OMS a fait état jeudi de 236 personnes contaminées dans le monde, la majeure partie aux Etats-Unis et au Mexique. Dans ce dernier pays, les citoyens ont été invités à rester chez eux jusqu'au 5 mai afin d'enrayer l'épidémie.

Des cas de contamination au nouveau virus H1N1 sont désormais confirmés dans douze pays, dont le Canada, l'Espagne, la Grande- Bretagne, l'Allemagne, la Nouvelle-Zélande, Israël, le Pérou, l'Autriche et les Pays-Bas. La Suisse a fait également état jeudi d'un premier cas à Baden (AG).

Aux Etats-Unis, selon le dernier bilan des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), le nombre de cas confirmés dans le pays s'élevait à 111 jeudi. Un seul décès était répertorié, celui d'un petit garçon mexicain de moins de deux ans mort lundi au Texas.

Au Mexique, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état le même jour de 97 personnes contaminées ainsi que de sept morts. Le gouvernement mexicain avançait lui des estimations plus lourdes avec 260 cas, dont douze mortels.

Prêts à faire face

L'OMS a en outre estimé qu'il n'y avait aucune raison de relever l'alerte à son niveau maximal de 6. La veille, l'organisation avait déclenché la phase 5, qui correspond à un risque imminent de pandémie.

Selon l'OMS, des stocks de Tamiflu, un antiviral efficace face à ce nouveau virus, étaient en cours de distribution à destination de pays en développement, dont le Mexique.

Les Mexicains confinés chez eux

Dans ce dernier pays, où la maladie a fait son apparition, des mesures drastiques ont été prises afin de neutraliser l'épidémie. Lors d'une allocution télévisée, le président mexicain Felipe Calderon a ainsi recommandé à ses concitoyens de rester chez eux jusqu'à lundi.

Il a parallèlement fait fermer les administrations et les entreprises dans les secteurs «non-essentiels» de l'économie. L'objectif est de «briser le cycle de reproduction du virus», a expliqué son ministre des Finances, Agustin Carstens.

Les annulations massives effectuées par les grands opérateurs de voyage étrangers portent un coup sévère au tourisme, l'un des secteurs majeurs de l'activité économique au Mexique alors que le PIB a reculé de 8% au premier trimestre.

Voyages maintenus

Lors d'une réunion extraordinaire des ministres de la Santé des Vingt-Sept à Luxembourg, l'Union européenne a rejeté jeudi une demande française visant à interdire ou restreindre les voyages d'Europe vers le Mexique. Elle a toutefois convenu de l'appliquer si la propagation de la grippe porcine se poursuit sur le continent.

A leur arrivée à la réunion, une majorité de pays, dont l'Allemagne et l'Espagne, avaient rejeté une telle mesure en l'état actuel.

Plusieurs pays ont par ailleurs décidé d'interdire les importations de viande de porc. L'OMS affirme pourtant que «l'ingestion de viande de cochon ou d'autres produits dérivés du porc correctement manipulés et préparés» ne présente pas de risque pour la santé.

Distribution d'antiviraux

Aux Etats-Unis, où treize Etats sont touchés, le président Barack Obama a promis que toutes les mesures nécessaires seraient mises en oeuvre. Il a exclu à ce stade la fermeture de la frontière mexicaine.

Une responsable des CDC a du reste affirmé que la distribution d'antiviraux pour contrer la grippe porcine avait commencé dans le pays. Lundi, l'administration américaine avait annoncé que 11 millions de traitements antiviraux issus des stocks fédéraux allaient être distribués.

Pour certains virologues, la nouvelle souche de H1N1 serait moins dangereuse que le virus H5N1 de la grippe aviaire. Masato Tashiro, qui dirige le centre de recherche sur les virus influenza à l'Institut japonais des maladies infectieuses, estime même qu'il y a un risque à utiliser massivement les réserves d'antiviraux.

(ats)

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