Guinée: Plus de 30'000 personnes rendent hommage à Conté
Actualisé

GuinéePlus de 30'000 personnes rendent hommage à Conté

La Guinée a rendu un dernier hommage vendredi au président Lansana Conté, décédé après 24 ans d'un «règne» très contesté.

La junte militaire qui s'est emparée du pouvoir après sa mort s'est elle efforcée de rassurer la communauté internationale sur ses intentions.

Quatre jours après le décès de Lansana Conté, 74 ans, qui avait dirigé la Guinée sans partage, le pays a réservé des funérailles nationales à l'ancien chef d'Etat.

Son cercueil, recouvert du drapeau national rouge, jaune et vert, a été exposé au Palais du peuple à Conakry en présence des présidents du Liberia, de Sierra Leone, de Guinée-Bissau et de Côte d'Ivoire.

Depuis Paris, le président sénégalais Abdoulaye Wade a appelé à «soutenir» la junte au pouvoir depuis le coup d'Etat de mardi, alors que la communauté internationale a jusqu'ici condamné le coup d'Etat. A l'inverse, le président sud-africain Kgalema Motlanthe a condamné le putsch et appelé la junte à céder «immédiatement» le pouvoir aux civils en vue d'élections démocratiques.

«Hommage» de la junte

Du Palais du peuple, le cercueil a été transporté devant des milliers de Guinéens massés dans le stade national, où les membres de la junte ont été acclamés par la foule.

Son numéro deux a rendu «hommage» au président défunt, souhaitant avoir «le courage de continuer son oeuvre de tolérance et de paix». Le capitaine Moussa Dadis Camara, chef de la junte autoproclamé président mercredi, n'était lui pas présent.

Le corps du défunt devait ensuite être transporté jusqu'à sa ville natale de Moussayah pour y être inhumé.

Espoir d'un avenir meilleur

Condamné par les Etats-Unis, l'Union européenne et l'Union africaine, le putsch de mardi a depuis connu le ralliement des chefs de l'armée guinéenne ainsi que du gouvernement déchu. Après avoir ainsi conforté son pouvoir, la junte a annoncé l'organisation de «réunions d'information» samedi à Conakry.

Pour une grande partie de la population, le changement de gouvernement pourrait présager d'un avenir meilleur dans un des pays les plus pauvres du monde malgré ses richesses en minerais.

«Ceux qui sont venus et les idées qu'ils dégagent nous rassurent un peu. Surtout je prie pour qu'ils ne changent pas», déclare Mariama Mara, une mère de famille, rappelant que Lansana Conté avait lui aussi commencé en réformant le pays avant de devenir un dirigeant autocrate et capricieux.

Election promise

Moussa Dadis Camara a assuré vendredi qu'il n'avait pas l'intention de s'accrocher au pouvoir et qu'il était vital d'éliminer le népotisme et la corruption dans son pays.

«Nous devons organiser une élection, libre et transparente, d'une façon digne qui honore la Guinée», a ajouté ce capitaine méconnu avant le coup d'Etat, dont les propos ont été diffusés par la chaîne France 24.

Les militaires ont promis d'organiser une élection présidentielle d'ici deux ans, en décembre 2010. Moussa Dadis Camara a assuré qu'il ne serait pas candidat.

Appel à l'aide internationale

«Il faudrait maintenant que nous soyons accompagnés par la Banque mondiale, par ces institutions internationales pour que nous puissions être dans les conditions financières pour remplir notre mission», a ajouté le vice-président du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), nom que s'est donné la junte.

Les partis d'opposition ont approuvé avec prudence la prise du pouvoir des militaires, tout en appelant, à l'instar de la communauté internationale, à des élections plus tôt, en 2009.

(ats)

Ton opinion