Actualisé 27.10.2008 à 14:49

Borregaard ferme son usinePlus de 300 lienciements à Soleure

Il n'y a plus d'espoir pour la majorité des employés de l'usine de papier et de cellulose de Riedholz (SO). Le groupe norvégien Borregaard va fermer le site et licencier 339 personnes.

Quelque 150 collaborateurs ont manifesté leur colère à lundi à Soleure.

Après avoir quitté l'usine en matinée et défilé dans les rues du chef-lieu cantonal, ils ont interrompu la conférence de presse organisée par Borregaard, reprochant à ses responsables leur arrogance et réclamant un «plan social équitable». Les employés touchés demandent aussi que tous les projets alternatifs soient étudiés sérieusement.

Refus des repreneurs potentiels

Durant le délai légal de consultation de 30 jours, le groupe norvégien avait mené sans succès des discussions avec plusieurs intéressés suisses ou étrangers sur une éventuelle poursuite de l'exploitation.

Les repreneurs envisagés ont été dissuadés par le manque de rentabilité de l'usine et son potentiel de baisse des coûts limité, a expliqué aux médias Jorn Syvertsen, président du conseil d'administration de Borregaard. Les installations en partie désuètes et le grand besoin d'investissements les ont en outre renforcés dans leur refus.

Espoir pour la levure

Borregaard a en revanche réussi à trouver des candidats à la reprise du secteur levure, a annoncé M. Syvertsen. Des discussions sont par ailleurs en cours concernant les activités de deux autres unités productives (éthanol et électrolyse).

Au total, ces trois divisions représentent environ 75 postes de travail, dont les titulaires restent pour l'heure en fonction. Pour les autres employés, qui perdent leur travail à la fin du mois, Borregaard met en place un plan social.

Une bourse aux emplois est mise à leur disposition, a précisé M. Syvertsen. De premières mesures ont en outre été prises afin de replacer les apprentis, en collaboration avec les services cantonales compétents.

Plan social rejeté

Aux yeux des employés, les propositions de Borregaard sont «insuffisantes». Elles ont été rejetées lundi matin lors d'une assemblée générale du personnel, indique le syndicat Unia dans un communiqué. Et de réclamer le versement de deux à trois mois de salaire pour chaque collaborateur licencié. Le groupe norvégien n'est lui prêt à verser que 1,3 mois de salaire en moyenne, selon Unia.

Les négociations entre Borregaard et Unia s'étaient révélées houleuses. Selon le syndicat, la direction se refusait d'intégrer les 40 salariés du projet alternatif «Hefe Süd» (levure) dans les négociations.

Situation intenable

Borregaard avait annoncé fin septembre son intention de fermer la fabrique de Riedholz. La filiale helvétique de la firme norvégienne vit depuis des années une situation économique tendue, essuyant chaque année des pertes.

La hausse du prix des matières premières et de l'énergie ainsi qu'une chute des ventes sur les marchés asiatiques ont encore récemment aggravé les choses, expliquait l'entreprise.

Borregaard avait racheté fin 2002 le site de Riedholz à Atisholz, firme alors en mains de l'industriel et ancien conseiller fédéral Christoph Blocher. Le groupe avait comme objectif d'y produire de la cellulose de haute qualité et de positionner l'usine dans les marchés de niche. (ats)

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