Actualisé 21.12.2016 à 10:22

Attentat de Berlin

Plus de 500 indices pour retrouver le suspect

L'auteur de l'attaque au camion-bélier sur un marché de Noël de Berlin court toujours. Le chauffeur-routier polonais, retrouvé mort dans le poids lourd, aurait tout fait pour éviter le drame.

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Un an après l'attentat de Berlin, la chancelière allemande Angela Merkel, critiquée pour son manque d'empathie et des négligences de la part des autorités, rencontre les proches des victimes. (Lundi 18 décembre 2017)

Un an après l'attentat de Berlin, la chancelière allemande Angela Merkel, critiquée pour son manque d'empathie et des négligences de la part des autorités, rencontre les proches des victimes. (Lundi 18 décembre 2017)

AFP
La ville de Berlin accuse la police locale d'avoir falsifié un document qui aurait théoriquement pu conduire à l'arrestation d'Anis Amri avant qu'il ne commette l'attentat. (Mercredi 17 mai 2017)

La ville de Berlin accuse la police locale d'avoir falsifié un document qui aurait théoriquement pu conduire à l'arrestation d'Anis Amri avant qu'il ne commette l'attentat. (Mercredi 17 mai 2017)

AFP
Le ministre italien de l'Intérieur, Marco Minniti, a défendu jeudi devant la presse étrangère les deux policiers qui ont abattu Anis Amri. Les deux hommes sont soupçonnés d'être racistes ou nostalgiques du fascisme. (2 mars 2017)

Le ministre italien de l'Intérieur, Marco Minniti, a défendu jeudi devant la presse étrangère les deux policiers qui ont abattu Anis Amri. Les deux hommes sont soupçonnés d'être racistes ou nostalgiques du fascisme. (2 mars 2017)

AFP/archive

Survenu lundi soir dans un lieu très touristique de Berlin, cet attentat a fait, selon le dernier bilan, douze morts et 48 blessés. Il a été revendiqué mardi soir par le groupe djihadiste Etat islamique.

Les enquêteurs s'activent tous azimuts pour tenter de retrouver l'assaillant qui au volant d'un semi-remorque a foncé sur les petits chalets en bois d'un marché de Noël, semant la terreur.

Un homme longtemps présenté comme suspect par les autorités, un demandeur d'asile pakistanais interpellé peu après les faits, a été relâché mardi soir et mis hors de cause.

Cela signifie «qu'une ou plusieurs personnes» responsables de l'attentat «sont en fuite (...) avec une arme», sans doute celle qui a servi à tuer le chauffeur routier polonais en titre du camion ayant servi à l'attentat, selon le chef de la police, Klaus Kandt.

500 indices

Le président d'un des principaux syndicats de policiers (BDK), André Schulz, a néanmoins évoqué de «bonnes pistes» et de «très nombreux éléments» dans l'enquête pour retrouver l'auteur du carnage.

«Je suis assez optimiste quant au fait que nous pourrons peut-être demain (mercredi) ou très prochainement présenter un nouveau suspect», a-t-il dit mardi soir sur la chaîne ZDF.

Se voulant lui aussi rassurant face à une population inquiète, le ministre de l'Intérieur, Thomas de Maizière, a également affirmé que la police n'avait pas les «mains vides» dans cette enquête.

La police a indiqué examiner plus de 500 indices, parmi lesquels des traces ADN retrouvées dans le camion, des images de vidéo-surveillance et des témoignages divers.

En outre, «tous les hommes disponibles sont dehors» pour retrouver l'auteur de l'attentat, a confié un enquêteur au quotidien Bild.

Le chauffeur routier polonais en titre du camion, retrouvé mort dans la cabine et à qui l'assaillant a apparemment volé le véhicule, a probablement cherché à éviter un carnage encore pire en tentant en vain de s'emparer du volant du semi-remorque, selon des médias allemands.

L'autopsie a en tous cas montré que ce Polonais de 37 ans, abattu par balles dans la cabine, était encore vivant au moment où son véhicule a été projeté sur le marché, selon Bild, citant des sources proches de l'enquête. Le corps de cet homme de 120 kg portait des traces de lutte et des coups de couteau.

Son employeur, Ariel Zurawski, a dû reconnaître le corps à partir d'une photo du cadavre: «On y voyait des traces de coups, il était évident qu'il s'était battu. Son visage était ensanglanté, tuméfié. Il y avait une blessure à l'arme blanche», a-t-il raconté.

L'attaque a été très vite qualifiée de «terroriste» par la chancelière Angela Merkel. De son côté, le parquet anti-terroriste a jugé que la cible et le mode opératoire semblaient signer un acte djihadiste : les circonstances rappellent en effet l'attaque, portant la marque du groupe EI, au camion-bélier le 14 juillet à Nice en France (86 morts).

Les mesures de sécurité ont été renforcées à Berlin et un débat s'est engagé dans le pays sur la nécessité de protéger les places publiques par des bornes en béton ou d'autoriser l'armée à patrouiller comme cela se fait dans d'autres pays.

«Ce sont les morts de Merkel !»

Parallèlement, la pression politique s'est encore accrue sur Angela Merkel, qui concentre depuis des mois les critiques pour sa politique migratoire jugée trop généreuse.

Les populistes de droite ont renouvelé leur offensive contre la chancelière, l'accusant, à moins d'un an des législatives, d'avoir mis le pays en danger avec sa politique d'accueil généreuse des réfugiés. Ils ont prévu de manifester en fin de journée devant la chancellerie allemande.

«Ce sont les morts de Merkel !» a tonné Marcus Pretzell, l'un des responsables du parti de droite populiste Alternative pour l'Allemagne (AfD).

Le carnage s'est déroulé au pied de l'église du Souvenir, l'un des symboles de la capitale allemande.

Six morts sont allemands, selon la police. Les identifications des autres victimes se poursuivent. Sur les 48 blessés, 14 étaient mardi soir entre la vie et la mort, selon le ministère de l'Intérieur.

L'utilisation de véhicules, notamment de camions, pour foncer dans des foules de «mécréants» est préconisée par des djihadistes de l'EI. L'Allemagne avait été jusqu'ici épargnée par les attaques d'ampleur, mais plusieurs attentats ont été commis par des personnes isolées, dont certaines déjà revendiquées par le groupe djihadiste. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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