Vague de froid: Plus de 600 morts en Europe
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Vague de froidPlus de 600 morts en Europe

Le bilan du froid qui sévit sur l'Europe depuis une dizaine de jours s'est encore alourdi samedi après une nouvelle nuit glaciale.

Plus de 600 personnes sont mortes, la majorité dans l'Est de l'Europe depuis le début de la vague de froid. La situation s'améliore en revanche en Italie.

Preuve de l'intensité de cette vague de froid, le Danube a totalement gelé à proximité du port de Silistra, dans le nord-ouest de la Bulgarie. Une première en un bon quart de siècle, puisque cela n'était plus arrivé depuis l'hiver 1984-1985.

Un gel complet, sans le moindre mouvement d'eau, a été observé samedi matin, sur 11 kilomètres, près de ce port, alors que la glace occupait entre 40 et 90% des 450 kilomètres du fleuve en Bulgarie. Le gel d'une partie du Danube a obligé plusieurs pays, dont l'Autriche, la Croatie, la Serbie, la Bulgarie et la Hongrie à y suspendre la navigation.

Sur l'ensemble du continent, et particulièrement en Europe orientale et dans les Balkans, le froid a continué à tuer. Le bilan était samedi matin d'environ 600 morts, toutes victimes confondues et en comptant la Russie.

Isolés ou bloqués

Trois nouvelles victimes ont été comptabilisées en Serbie et deux au Kosovo, portant à 42 le nombre de décès dû au froid dans les Balkans du sud (19 en Serbie, 11 en Bosnie, 4 au Monténégro, 3 en Croatie, 2 en Macédoine et au Kosovo et un en Albanie).

Environ 110'000 personnes étaient toujours isolées dans des villages reculés de Serbie et Monténégro et la capitale monténégrine Podgorica était paralysée par une couche de neige dépassant les 50 cm, un niveau jamais atteint depuis 50 ans. Les chutes de neige devaient s'étendre tout au long du week-end.

En Roumanie, huit personnes sont décédées d'hypothermie dans les dernières 24 heures, faisant passer le bilan officiel à 65 morts et environ 30'000 personnes, un nombre cependant diminué de moitié depuis la veille, étaient encore bloquées samedi par des amas de neige glacée.

En Ukraine, les autorités ont cessé de communiquer de nouveaux chiffres chaque jour. Le dernier bilan officiel publié mardi faisait état d'au moins 135 morts de froid, faisant de l'Ukraine le pays le plus touché.

-25 degrés à Prague

En Pologne, les basses températures ont tué 82 personnes depuis le début de la vague de froid actuelle alors que quelque 50 personnes sont mortes asphyxiées par le monoxyde de carbone ou dans des incendies causés par des système des chauffage défaillants. En Russie, 46 personnes sont décédées depuis début février.

Le froid a également tué 24 personnes en Lituanie, 10 en Lettonie et une en Estonie. En République Tchèque, où des températures tombant à -40 degrés étaient attendues samedi et dimanche dans les montagnes et à -25 degrés à Prague, on compte au moins 25 morts. Seize personnes sont également mortes en Hongrie et cinq en Slovaquie.

La Bulgarie, où le froid a fait 30 morts depuis une dizaine de jours, a dû cesser vendredi ses exportations d'électricité, ayant besoin de toute sa capacité pour répondre aux demandes nationales. On compte aussi cinq morts en Grèce.

Même en Algérie

En Italie, où la vague de froid a déjà fait plus de 45 morts, d'intenses précipitations neigeuses se poursuivaient samedi dans plusieurs régions. Mais Rome, recouvert d'un manteau de neige pour la deuxième fois en une semaine, a su faire face cette fois sans difficulté à l'urgence.

En France, deux nouvelles victimes ont été enregistrées vendredi soir, portant à 14 le nombre de personnes mortes depuis onze jours. Les deux victimes sont un couple de sexagénaires retrouvé mort sur les bords d'un étang.

Par ailleurs, l'approvisionnement de la Turquie en gaz venant d'Azerbaïdjan a repris après plusieurs jours d'une interruption causée par une avarie du à la glace sur une plateforme d'extraction en mer Caspienne, a rapporté l'agence de presse Anatolie.

La vague de froid touche aussi le nord de l'Afrique, particulièrement l'Algérie où 46 personnes sont mortes en raison du froid depuis une semaine. Des habitants exaspérés ont par endroits bloqué des routes alors que les autorités, critiquées pour leur impréparation, commençaient à s'organiser. (ats)

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