Actualisé 04.03.2013 à 12:47

SuissePlus de femmes travaillent, mais sans diriger

Les indicateurs de l'Office fédéral de la statistique montrent que Les femmes travaillent toujours plus et que leur niveau de formation côtoie celui des hommes. Leur part dans les positions dirigeantes stagne toutefois.

La différence hommes-femmes se tasse en matière d'emploi.

La différence hommes-femmes se tasse en matière d'emploi.

Le taux d'activité professionnelle des femmes en âge de travailler en Suisse atteignait 76,7% en 2011 (88,7% pour les hommes), contre 68,2% en 1991. Cette progression s'explique surtout par la forte proportion de femmes travaillant à temps partiel, soit six sur dix actuellement, contre seulement cinq en 1991.

La population salariée occupant une position dirigeante, c'est-à-dire ayant une fonction de cadre ou faisant partie de la direction, comptait presque un tiers de femmes en 1996. En 2011, les chiffres n'ont pratiquement pas bougé.

Formation: écart comblé

La gent féminine a aussi rattrapé son retard dans la formation. Les femmes entre 25 et 64 ans sont deux fois plus nombreuses à posséder un diplôme d'une haute école qu'en 1999, leur part passant de 9% à 21,7% (contre 27,6% des hommes) en 2011. Chez les 25-34 ans, il n'y a plus de différences marquantes entre les sexes si l'on considère le niveau de formation le plus bas et le plus élevé.

Hommes et femmes continuent d'avoir leurs préférences propres dans le choix des professions et filières d'études. Si les premiers se tournent plus souvent vers des formations techniques, les femmes optent pour la santé, les sciences humaines et sociales ainsi que l'enseignement. Elles choisissent plus fréquemment des filières typiques de l'autre sexe, ce qui n'est pas le cas des hommes.

Violence domestique

Les agressions dans la rue touchent le plus souvent les hommes, mais la violence domestique, qui représente 38% des infractions de violence, vise les trois quarts du temps des femmes. Concernant ce type d'agression, le taux de victimes de sexe féminin s'élève ainsi à 15,4 pour 10'000 habitantes.

Une alliance de femmes demande des mesures immédiates

L'égalité des salaires entre hommes et femmes doit être appliquée sans attendre. Une alliance de femmes, de droite à gauche, s'insurge contre les écarts salariaux qui atteignent encore 18,4% aujourd'hui. Elle exige davantage de transparence.

A travail égal, une femme doit travailler jusqu'au 7 mars 2013 pour atteindre le même salaire qu'un homme a encaissé au 31 décembre 2012. Pour marquer leur indignation, les femmes de l'USS, du PBD, du PS, du PDC, du PLR, du PVL et des Verts, ainsi que les Business and professional Women s'allient en vue de participer à l'«Equal Pay Day» du 7 mars et à la Journée internationale de la femme la lendemain.

Lors de la conférence de presse, lundi à Berne, les participantes n'ont pas manqué de commenter le refus de l'article sur la politique familiale. Ce coup porté à l'amélioration des conditions de participation des femmes à la vie professionnelle laisse un «goût amer», a résumé la conseillère nationale Ursula Haller (PBD/BE).

Bonus en cause

Côté salaire, les bonus ne contribuent pas à combler plus rapidement l'écart entre les femmes et les hommes, selon elle. Si 31,5% des hommes en touchent, seules 23,9% en bénéficient, les premiers à raison de 13'899 francs en moyenne, contre 4860 francs pour les secondes.

Les femmes radicales-libérales font appel aux entreprises, leur demandant d'adhérer au Dialogue sur l'égalité des salaires instauré sous l'égide de la Confédération. Jusqu'ici, seules 32 sociétés se sont soumises au contrôle transparent des salaire par le biais de ce Dialogue. L'objectif fixé est de cent entreprises d'ici 2014, a rappelé la présidente Carmen Walker Späh.

Marre d'attendre

Si ce but n'est pas atteint, les femmes socialistes mettront un terme «à la phase de bon vouloir pour exiger des mesures étatiques», a rétorqué Marina Carobbio (PS/TI). Il ne suffit pas d'approuver des lois sur l'égalité, il faut aussi des ressources et des instruments pour les appliquer, selon la conseillère nationale.

Si les milieux économiques continuent de traîner les pieds comme jusqu'ici, la vie professionnelle d'une jeune femme ne suffira pas à voir l'égalité réalisée. «Dans le secteur privé, les femmes se font voler 677 francs chaque mois uniquement parce qu'elles sont femmes», s'est indignée Christine Michel de l'Union syndicale suisse (USS).

Tiana Moser (PVL/ZH)) a appelé l'Etat à réagir, lui qui paie des milliards de francs pour la formation de jeunes femmes qui seront ensuite discriminées dans le monde professionnel. La représentation des femmes dans les cadres et les conseils d'administration est aussi misérable, selon la présidente des femmes vertes Katharina Prelicz. Et d'exiger l'introduction de quotas.

La journée d'action pour l'égalité salariale a été instaurée en Suisse pour la première fois en 2009. A l'époque, l'Equal Pay day (jour du salaire égal) tombait deux jours après la Journée des femmes du 8 mars. (ats)

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