Actualisé 10.01.2012 à 20:34

Libye Plus de temps pour statuer sur Seif el-Islam

La Cour pénale internationale a annoncé mardi avoir accordé un délai supplémentaire à la Libye pour décider d'un éventuel transfert à La Haye de Saïf el Islam.

Les juges «accordent un délai supplémentaire à la Libye, de telle sorte que ses observations concernant l'arrestation de Seif al-Islam Kadhafi doivent être déposées d'ici le lundi 23 janvier 2012 à 16h00», selon une ordonnance publié par la Cour.

Tripoli, qui devait faire connaître sa décision avant le 10 janvier, avait demandé une prolongation de trois semaines. La Libye a indiqué ne pas avoir pu respecter l'échéance prévue en raison de la situation sécuritaire du pays.

La CPI avait émis des mandats d'arrêts contre Saïf el Islam Kadhafi, son père et l'ancien responsable des services secrets Abdoullah al Senoussi. Tous trois étaient accusés d'implication dans les massacres d'opposants lors du soulèvement ayant finalement abouti au renversement, puis à la mort de Mouammar Kadhafi.

Lors de la capture de Saïf el Islam en novembre, les nouvelles autorités libyennes avaient dit vouloir le juger dans le pays. Le Conseil national de transition (CNT) libyen avait informé la Cour, dans une lettre publiée le 24 novembre 2011, de cette intention.

Détention «au secret»

La CPI demande à Tripoli des informations sur l'état de santé physique et mentale de celui qui était jadis considéré comme l'héritier politique du guide déchu.

Les magistrats de La Haye souhaitaient également savoir si Seif al-Islam avait été arrêté en Libye en vertu du mandat d'arrêt de la Cour et s'il était exact qu'il était «tenu au secret».

Le mois dernier, l'ONG Human Rights Watch avait demandé aux autorités libyennes de permettre à Saïf el Islam Kadhafi de rencontrer un avocat et de lui garantir un procès équitable.

«Nous estimons qu'il est positif que la Libye soit en contact avec la CPI et qu'elle en suive les procédures. En même temps, nous craignons que des considérations sécuritaires soient utilisées pour légitimer des retards injustifiés dans cette affaire», a réagi mardi Fred Abrahams, responsable de HRW qui a pu voir Saïf el Islam en décembre.

«La sécurité pose problème et le gouvernement ne contrôle pas l'ensemble du territoire, mais cela ne doit pas servir à justifier un retard indu du processus. De plus, Saïf doit avoir la possibilité de consulter immédiatement un avocat.»

(ats)

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