Pendulaires suisses: Plus le trajet dure, moins le moral est bon
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Pendulaires suissesPlus le trajet dure, moins le moral est bon

Après le travail, les pendulaires sont souvent trop fatigués pour sortir et voir leurs amis. Selon des experts, plus le trajet est long, plus les personnes sont malheureuses.

par
Simona Marty/ofu
Bruno S. Frey, professeur en économie: «Celui qui voyage plus de 45 minutes tous les jours sera moins heureux que quelqu'un qui voyage moins longtemps ou pas du tout.»

Bruno S. Frey, professeur en économie: «Celui qui voyage plus de 45 minutes tous les jours sera moins heureux que quelqu'un qui voyage moins longtemps ou pas du tout.»

Lorsque Lucie sort du train le soir, elle est fatiguée. Il lui faut plus ou moins une heure tous les jours pour rejoindre son domicile depuis son lieu de travail. En arrivant enfin chez elle, tout ce qu'elle souhaite c'est prendre une douche et se poser tranquillement. L'envie de sortir pour aller voir des amis lui manque. Bien que fictif, cet exemple illustre bien ce que vivent quotidiennement près de 3,7 millions de personnes en Suisse.

«Les trajets demandent beaucoup de temps et d'énergie. Deux facteurs indispensables pour soigner ses contacts sociaux», a expliqué au «Tages-Anzeiger» le politologue bernois Markus Freitag. Selon lui, bon nombre de pendulaires veulent être au calme quand ils arrivent enfin chez eux et n'éprouvent pas le besoin de sortir. Un avis partagé par le professeur en économie Bruno S. Frey: «Les pendulaires se sentent plus seuls et sont plus malheureux que les autres personnes. Lorsqu'on n'a pas le temps de voir ses amis, on finit par les perdre», affirme l'expert, qui travaille à l'Université de Zurich. «Celui qui voyage plus de 45 minutes tous les jours sera moins heureux que quelqu'un qui voyage moins longtemps ou pas du tout.» Urs Gerber, psychologue des transports, confirme que plus le trajet parcouru est long, plus le problème s'accentue.

Bruno S. Frey note également que de nombreuses personnes sous-estiment les «frais psychologiques» liés aux trajets quotidiens. Selon lui, les gens ont tendance à uniquement prendre en compte leur salaire plus élevé en ville et leur loyer plus bas à la campagne et pas le manque de temps pour la famille et les amis qui en découle. Le professeur en économie conseille aux pendulaires de profiter de leur pause de midi pour rencontrer des gens. Urs Gerber, lui, ajoute: «Des amis à moi se sont donné régulièrement rendez-vous dans le train et ont engagé un prof d'espagnol. Ils ont profité de leur trajet pour apprendre une langue étrangère.»

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