Genève: Plus politiquement correct, le poulet rattrape le porc

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GenèvePlus politiquement correct, le poulet rattrape le porc

Ikea ne sert plus que des hot-dogs à la volaille. Cette viande est en plein essor et la raison n'en est pas que confessionnelle.

par
Jérôme Faas
Chez le géant du meuble, les hot-dogs sont au poulet suisse.

Chez le géant du meuble, les hot-dogs sont au poulet suisse.

En d'autres temps, Isabella n'y aurait sans doute pas prêté attention. Mais ce week-end, chez Ikea, elle s'attarde sur la composition des hot-dogs: 100% poulet. Exit les saucisses de Vienne à la viande de porc. Pourquoi? «La vendeuse s'est tue. Je ne trouve pas ça normal. La cause est sans doute religieuse. Chacun a le droit de manger ce qu'il veut, mais qu'ils laissent les deux sortes. Il y a bien une raison, pourquoi ne rien dire?»

Ikea en donne trois: la tendance générale aux aliments maigres, propice à la volaille. La meilleure «durabilité» de celle-ci, dont la production serait «moins polluante que celle de porc ou de bœuf». Enfin, la cheffe de presse se félicite de servir un en-cas sans porc, «qui s'adresse à tout le monde». Après un test à Vernier et à Spreitenbach (AG) et un «feed-back très positif des clients», la mesure a été généralisée à tout le pays le 1er juin 2014.

Le cochon reste néanmoins une valeur sûre. En 2013 en Suisse, il était la viande la plus vendue. «Les Alémaniques mangent énormément de saucisses, dit Bernard Menuz, président genevois des bouchers romands. Mais la vente de volaille est en nette hausse depuis 2011.» En outre, des disparités régionales existent. A Genève, le porc recule. «Le religieux me paraît être un élément explicatif. Je fais des EMS, des prisons, des écoles privées: je n'en vends quasi plus.» Dans le canton de Vaud, le cochon se maintient, note José Naef, chef de la corporation, «bien que le poulet progresse, car c'est maigre.» «Bien sûr que l'argument de la santé joue», abonde Bernard Menuz.

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