Web: Plus que jamais, les arnaques fleurissent sur internet
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WebPlus que jamais, les arnaques fleurissent sur internet

Les arnaques font bon ménage avec internet, et les colporteurs douteux du passé ont pris le train des technologies numériques.

Mais les internautes ne sont pas désarmés face à ces perfides astuces, dont les dommage se chiffrent en milliards de francs.

Sur internet, un simple clic de souris peut non seulement coûter plusieurs centaines de francs, mais aussi causer bien des tracas. Des contrats valides peuvent en effet être conclus devant l'écran de l'ordinateur avec une simple pression sur la souris. Une procédure sur laquelle s'appuient les boutiques en ligne de Migros et de Coop, par exemple, à l'instar de millions d'autres commerçants actifs sur la toile.

Lire avant de cliquer

Mais le réseau des réseaux foisonne aussi d'escrocs prêts à profiter de la négligence des internautes. Car bien souvent, ces derniers cliquent sur le bouton notifiant l'acceptation d'un contrat, sans avoir lu au préalable les conditions auxquelles ils souscrivent.

Que cela soit pour installer Windows, acheter une chanson sur iTunes, visiter une bourse aux emplois ou simplement ouvrir un compte de courrier électronique gratuit, les consommateurs doivent signer par l'intermédiaire de leur souris des contrats dont le contenu peut atteindre plusieurs pages.

Derrière les mots comme «conditions générales de vente» ou l'abréviation EULA (End User Licence Agreement) se cachent des termes en partie incompréhensibles pour des personnes non initiées. Surchargés juridiquement, les utilisateurs d'ordinateurs et d'internet sont devenus insensibles et ont souvent tendance à accepter de tels contrats sans même les avoir lus.

Une attitude qui peut parfois coûter cher. Car les contrats ont un effet obligatoire, même s'ils ont été conclus sur un ordinateur par un clic de souris. Les arnaqueurs du réseau des réseaux exploitent en premier lieu les pages gratuites.

Les personnes qui s'y inscrivent signent en fait des contrats, sans toujours avoir conscience que l'une des nombreuses clauses écrites en petits caractères porte sur un abonnement ou des droits d'utilisation prohibitifs.

Attention au «gratuit»

Les internautes qui utilisent des moteurs de recherches pour trouver des recettes de cuisine, des horoscopes, des films gratuits, des conseils en matière professionnelle, des sites d'envois de SMS gratuits, des sonneries pour téléphones portables ou des instructions de bricolage, entre autres, aboutissent toujours sur de tels abonnements.

Les visiteurs de ces pages s'y voient bien souvent expliquer en gros caractères que l'inscription est gratuite et qu'un essai ne suppose aucun engagement de leur part. Mais si l'inscription intervient effectivement sans bourse délier, l'internaute, pour autant qu'il trouve et lise les conditions, apprendra que l'utilisation du site est elle en revanche payante.

Et quelques jours après la visite du site, l'internaute recevra une facture lui réclamant plusieurs centaines de francs. Et en cas de non paiement, les rappels et autres menaces de poursuites interviendront rapidement.

La Commission Suisse pour la Loyauté a ainsi exigé l'automne passé d'un site allemand proposant des modèles de lettres qu'il renonce à une communication commerciale de ce type. La société promettait l'accès à ses services à ses utilisateurs s'étant inscrits gratuitement. Toutefois, les conditions, écrites en tous petits caractères, fixaient l'abonnement à 60 euros.

Filous inventifs

Reste que quelques mois plus tard, cette page est toujours présente sur internet et continue d'attirer les internautes de la même façon. Dans les faits, la Commission Suisse pour la Loyauté ne dispose pas des moyens juridiques permettant de mettre un terme à de tels agissements.

Les exploitants de ces sites à abonnement, qui ne manquent pas d'aplomb, débordent d'imagination et usent d'astuces toujours plus raffinées. Ainsi est apparue récemment la variante consistant à offrir des logiciels gratuits connus contre paiement d'un abonnement.

Sur la page du site opendownload.de, les internautes sont invités à télécharger la suite d'applications bureautiques gratuite OpenOffice. Ce logiciel, qui représente une alternative reconnue à Word et Excel, est développé par une communauté Open-Source.

Ce programme peut être téléchargé gratuitement depuis le site http://fr.openoffice.org et sans qu'il soit nécessaire de s'inscrire. En revanche, les internautes qui veulent obtenir cette application à partir du site opendowload.de doivent remplir un formulaire d'inscription et accepter les conditions générales qui prévoient le paiement d'un abonnement de 192 euros.

Fausses alertes

Une autre astuce consiste à faire afficher sur l'écan de l'internaute un faux message d'alerte lui laissant croire qu'un dangereux virus a été découvert sur son PC. Et pour rendre l'arnaque plus crédible, la fenêtre faisant apparaître l'alarme ressemble à s'y méprendre à celles qu'affiche le système d'exploitation Windows. En cliquant sur la touche OK, l'utilisateur se retrouve ensuite sur un site à abonnement.

Dans la plupart des cas, les internautes pris au piège ne doivent pas payer. En Suisse, un contrat conclu dans le cadre d'une tromperie n'a aucune validité. C'est pourquoi le Bureau fédéral de la consommation (BFC) recommande aux consommateurs de ne pas s'acquitter du montant jugé dans ce cas abusif.

Le BFC dispose sur son site internet de brochures portant sur le thème des arnaques sur internet. Ces documents n'expliquent pas seulement comment reconnaître ces offres à abonnement, mais aussi la manière de s'en prémunir. Toute personne victime d'une de ces fraudes peut ainsi déposer une plainte pénale auprès d'un poste de police pour publicité mensongère.

Il est également possible de se défendre contre ces sites en se dotant d'une seconde identité. Il est autorisé de s'identifier sur une page internet offrant des prestations gratuites avec des noms fantaisistes et une adresse fictive.

Messagerie anonyme

Il est également possible de donner une adresse e-mail anonyme, que l'on peut se procurer gratuitement en ouvrant un compte Hotmail ou Google. Dès lors, les factures ou rappels des arnaqueurs resteront lettre morte.

(ats)

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