Une année après les émeutes: Plusieurs milliers de manifestants à Athènes
Actualisé

Une année après les émeutesPlusieurs milliers de manifestants à Athènes

Des heurts entre groupes de jeunes et policiers ont éclaté dimanche dans plusieurs grandes villes de Grèce après les manifestations commémorant la mort d'un adolescent tué il y a un an par un policier à Athènes.

Les mouvements ont rassemblé des milliers de personnes.

Selon des sources policières, près de 150 personnes - une quarantaine à Athènes et une centaine à Salonique - ont été arrêtées. Les rassemblements étaient organisés en mémoire d'Alexis Grigoropoulos, 15 ans, dont la mort avait déclenché l'hiver dernier des violences urbaines inédites dans le pays pendant près d'un mois.

A Athènes, des heurts ont opposé des groupes de quelques dizaines de jeunes et la police après la fin de la manifestation. Aux abords de la place Syntagma, dans le centre de la capitale, des jeunes vêtus de noir et cagoulés ont lancé des pierres sur les forces de l'ordre, qui ont riposté à coup de gaz lacrymogènes et de matraques. D'après la police, quatre policiers et deux manifestants ont été blessés.

Avant le début de la manifestation, le recteur de l'université d'Athènes a été légèrement blessé lorsqu'un groupe de jeunes a occupé le bâtiment. Il a été hospitalisé. Des drapeaux rouges et noirs de groupes de la mouvance anarchiste étaient visibles sur le toit du rectorat, selon un journaliste de l'AFP.

Appels au calme de la famille

Des incidents ont également éclaté à Salonique, la grande ville du nord de la Grèce, où quelques milliers de personnes ont manifesté, selon une source policière. Ils ont opposé manifestants et policiers qui ont riposté avec des gaz lacrymogènes à des jets de cocktail molotov. Une dizaine de magasins et deux véhicules ont été vandalisés.

Les milliers de manifestants répondaient à l'appel d'organisations d'étudiants et de lycéens et de partis de gauche pour commémorer la mort d'Alexis, tué par balles le 6 décembre 2008 par un policier lors d'un contrôle dans le quartier contestataire d'Exarchia, au centre de la capitale.

Une cérémonie de recueillement a eu lieu en privé dimanche matin sur la tombe de l'adolescent dans un cimetière du Vieux Phalère, dans la banlieue sud de la capitale. Selon les médias, les parents du jeune homme ont appelé les manifestants à défiler dans le calme, estimant que des violences ne faisaient pas honneur à sa mémoire.

Anarchistes arrêtés

Selon la police, environ 150 militants anarchistes étrangers sont arrivés ce week-end en Grèce en provenance notamment de France et d'Italie. Samedi, 75 jeunes ont été interpellés en prévision de la manifestation dominicale.

Les quelque 6000 policiers déployés dimanche pour encadrer les défilés devaient rester sur le qui-vive lundi dans l'attente d'autres manifestations, organisées par des coordinations étudiantes et lycéennes, des organisations de gauche et des syndicats.

Placé en détention provisoire, le policier auteur des tirs fatals doit être jugé dès le 20 janvier 2010 pour homicide volontaire. Il avait affirmé avoir tiré en l'air alors qu'il était assailli par un groupe de jeunes.

(ats)

Ton opinion