Actualisé 21.02.2011 à 18:29

Violences en Libye

Plusieurs villes aux mains des manifestants

Plusieurs villes libyennes, dont Benghazi et Syrte, sont tombées aux mains des manifestants à la suite de défections dans l'armée.

«Beaucoup de villes sont tombées, notamment sur l'Est de la côte. Des militaires se sont ralliés» au soulèvement contre Mouammar Kadhafi, a déclaré la présidente de la Fédération internationale des ligues de droits de l'Homme (FIDH), Souhayr Belhassen, citant notamment Benghazi, bastion de l'opposition, et Syrte, ville natale du colonel Kadhafi.

Selon elle, les violences lors des manifestations demandant le départ du dirigeant libyen ont fait «entre 300 et 400 morts, probablement plus près de 400». Une autre ONG, Human Rights Watch (HRW), a fait état de son côté lundi matin d'un bilan d'au moins 233 morts.

Les informations de la FIDH, basée à Paris, proviennent essentiellement des ligues libyennes des droits de l'homme. Selon ces informations, le camp de Bab el Azizia, où vit le dirigeant libyen en périphérie de Tripoli, aurait également été attaqué dans la nuit de dimanche à lundi.

60 morts à Tripoli ?

A Tripoli, environ 60 personnes auraient trouvé la mort dans des affrontements depuis ces dernières heures, rapporte de son côté la chaîne Al-Jazira. Elle cite des sources médicales à l'appui de son bilan.

Le mouvement de contestation qui ébranle depuis près d'une semaine le régime de Mouammar Kadhafi a gagné pour la première fois dimanche la capitale libyenne. La Salle du peuple, bâtiment où siège le Congrès général du peuple, l'équivalent du parlement, était la proie des flammes lundi matin, a déclaré un correspondant de Reuters.

Al-Jazira ajoute que des membres des forces de sécurité pillent des banques et des bâtiments publics dans la capitale et que des protestataires ont pris d'assaut plusieurs commissariats, qu'ils ont saccagés.

Par ailleurs, plus de 2300 Tunisiens vivant en Libye ont quitté ce pays depuis dimanche pour des raisons de sécurité, a indiqué lundi l'agence officielle Tap, citant l'office des Tunisiens à l'étranger.

QG de Kadhafi visé

Entre quarante et cinquante mille manifestants exigeraient depuis lundi matin à Tripoli le départ immédiat du colonel Kadhafi.

Plusieurs manifestations auraient pour cadre depuis lundi matin le centre de Tripoli, selon Khlaled Saleh, représentant à Genève de l'ONG libyenne LHRS. «Le principal rassemblement a lieu lundi matin à Green Square», a-t-il expliqué l'ATS.

«D'autres manifestations se déroulent parallèlement à Tripoli dont l'une rassemblerait environ vingt mille personnes. Une partie des manifestants se dirigeraient actuellement vers le camp de M. Kadhafi distant d'environ trois à quatre kilomètres de Green Square», a-t-il ajouté.

La garde rapprochée de Mouammar Kadhafi totaliserait elle environ «trente mille mercenaires à la solde du général», selon Khlaled Saleh, qui confirme que cette protection personnelle est essentiellement composée de soldats en provenance de plusieurs pays africains.

Khlaled Saleh estime aussi que les heurts qui ont lieu ces derniers jours à Benghazi, là où la fronde a débuté, aurait déjà fait trois cents tués et plus d'un millier de blessés. Il s'est basé sur des chiffres qui émanent du principal hôpital de la ville. «Parmi ces blessés, un tiers seraient dans un état critique», précise-t-il.

Siège d'une TV saccagé

Le siège d'une télévision et d'une radio publiques ont été saccagés dimanche soir par des manifestants à Tripoli où des postes de polices ont été incendiés.

«Un local qui abritait la télévision Al-Jamahiriya 2 et la radio Al-Shababia a été saccagé», a indiqué à l'AFP un témoin sous couvert de l'anonymat.

La diffusion de la chaîne de télévision et de la radio, suspendue dimanche soir, a repris lundi.

Al-Jamahariya 2, deuxième chaîne publique, et la radio Al-Shababia, avaient été lancées en 2008 par un fils du dirigeant libyen Mouammar, Seïf Al-Islam, avant d'être nationalisées par la suite.

Par ailleurs, selon plusieurs témoignages recueillis par l'AFP, des bâtiments publics ont été incendiés dans la capitale dimanche soir, notamment des commissariats de police et des locaux de comités révolutionnaires, dans plusieurs quartiers, y compris près de la place Verte au centre ville où des affrontements violents ont eu lieu dans la soirée entre des pro et anti-régime.

La «salle du peuple», un bâtiment situé près du centre-ville et où sont souvent organisées des manifestations et des réunions officielles, a été également incendiée, selon un Tripolitain résidant à proximité.

Chantier sud-coréen envahi

Quelque 500 Libyens ont envahi et pillé lundi un chantier de construction sud-coréen près de Tripoli, faisant des blessés parmi les ouvriers bangladeshis et les Sud-coréens, a indiqué le ministère des Affaires étrangères à Séoul.

Une quinzaine de Bangladeshis et trois Sud-Coréens ont été blessés lorsque la foule a envahi le site, situé à quelque 30 km à l'ouest de la capitale libyenne, a ajouté le ministère. Deux des blessés bangladeshi le sont grièvement.

La confrontation s'est achevée vers 03H00 GMT et les Libyens ont quitté le site, où travaillaient 1.600 Bangladeshis.

«Des ordinateurs et des équipements lourds ont été dérobés mais nous ne connaissons pas encore le coût des dommages», a déclaré un responsable du ministère, Baik Joo-Hyeon, lors d'un point de presse. «Nous ne savons pas si c'est lié directement aux troubles dans le pays», a-t-il précisé.

(afp)

La Bourse de Milan chute

L'indice vedette de la Bourse de Milan, le FTSE Mib, chutait de 3,34% à 22.289 points vers 15H10 GMT, en raison des violences en Libye dont les liens économiques sont très étroits avec l'Italie.

Démission du ministre de la Justice

Le ministre libyen de la Justice, Moustapha Abdel Jalil, a démissionné de son poste «pour protester contre l'usage excessif de la force» contre les manifestants en Libye, a rapporté lundi un journal libyen dans son édition en ligne.

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