Sécurité: Podium du crime: rocade Lausanne-Genève
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SécuritéPodium du crime: rocade Lausanne-Genève

La ville vaudoise est désormais la plus criminogène du pays, devant celle de Genève. Les deux municipalités ont échangé leurs positions entre 2011 et 2012.

par
Jérôme Faas
Arrestation aux Pâquis (GE). La petite criminalité maghrébine y est en recul.

Arrestation aux Pâquis (GE). La petite criminalité maghrébine y est en recul.

Le bonnet d'âne change de propriétaire. Lausanne est désormais la ville suisse où est relevé le plus grand nombre d'infractions au code pénal par habitant: 217,7 pour 1000 résidents en 2012, contre 189,5 une année auparavant (+16%). La municipalité genevoise effectue le parcours exactement inverse. Désormais deuxième du classement, elle affiche une fréquence de 184,5 délits pour 1000 habitants, contre 217 en 2011 (-16%).

Vases communicants, mais pas seulement

Faut-il y voir un simple effet de vases communicants, qu'expliquerait la répression policière et judiciaire accrue mise en place au bout du lac? En partie mais pas seulement, analyse Monica Bonfanti, la cheffe de la police. En ce qui concerne la délinquance maghrébine, notamment (vol de rue, à la tire, etc.), «une partie de ces délinquants sont en prison», constate-t-elle. Par ailleurs, l'information circulant rapidement dans ces milieux, «plusieurs de ces petits malfrats ne sont simplement pas venus à Genève et sont directement allés ailleurs, d'où une augmentation de ce type de prévenus dans les autres cantons».

«Territoire criminel lémanique»

Le conseiller d'Etat Pierre Maudet note ainsi qu'il ne se réjouit «absolument pas» de cette rocade. «Le combat contre la criminalité ne peut se régler par vases communicants. Nous observons la création d'un territoire criminel lémanique, voire romand.» Il observe néanmoins avec satisfaction que «très clairement, pour les criminels, le rapport coût-bénéfice est devenu moins favorable à Genève».

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