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Crassier (VD)Point de non-retour entre les jeunes et les riverains

Le village fait face à des actes de violence. Le syndic juge la situation grave et a saisi la police cantonale.

par
Jérôme Faas
Plusieurs jeunes de la région ont pris l’habitude de se regrouper dans les sous-sols de ce complexe.

Plusieurs jeunes de la région ont pris l’habitude de se regrouper dans les sous-sols de ce complexe.

20 Minutes / jef

Rien ne va plus entre certains jeunes de la Côte et les habitants du complexe de l’Ancienne Scierie, dans le village de Crassier. «La situation est grave», admet le syndic Serge Melly. En trois mois, le tapage nocturne et les incivilités ont fait place à des actes plus sérieux: voici dix jours, un cocktail molotov a été lancé contre la maison du Municipal chargé de la police. Trois voitures ont eu les pneus crevés. Dans la nuit du 4 au 5, deux autres véhicules ont été dégradés.


Il y a un mois, excédés par «ce petit vandalisme qui monte en puissance», décrit un habitant, les locataires des neuf logements communaux ont menacé la mairie de consigner leurs loyers. «Nous voulions la faire réagir. J’ai grandi ici, je me sens dépossédé.» Une voisine abonde. «Chaque soir, on se demande si on va passer une bonne nuit.» «Les lieux sont devenus une porcherie», déplore un utilisateur de la crèche attenante. Les riverains ont demandé le changement des clés des sous-sols où se réunissent les jeunes. En vain.


Le syndic n’entre pas en matière quant à des baisses de loyers mais veut serrer la vis, d’autant qu’il note un début de vendetta. «La cadence des actes malveillants augmente, toujours au détriment de ceux qui les ont dénoncés ou insultés.» Il a saisi la gendarmerie. «Ce n’est plus une affaire de médiation, ça va passer par des plaintes et le tribunal.» La police confirme des investigations en cours et dit faire des rondes préventives depuis le 29 février, date d’une grosse bagarre qui avait fait un blessé et mis le feu aux poudres. 

L’effet du virus
Un lien paraît exister entre l’épidémie de coronavirus et les tensions entre jeunes et riverains. «Ça monte en puissance depuis le début du confinement, sans doute car ils sont désœuvrés», remarque une habitante. Le syndic, lui, note que «des riverains qui ont le temps, vu le confinement, et qui ont peur et du covid et des jeunes, ont lancé un groupe Whatsapp. Ils regardent du balcon si des ados passent, se regroupent, et pratiquent la délation». Et la situation s’envenime.

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