Genève: Polémique autour de trois pharmaciens «frontaliers»

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GenèvePolémique autour de trois pharmaciens «frontaliers»

L'officine située à l'intérieur de l'hôpital a embauché des non-résidents. Choc entre l'UDC et le conseiller d'Etat MCG.

par
Jérôme Faas
Pharma24, inaugurée le 25 avril, est ouverte 24h/24, sept jours sur sept.

Pharma24, inaugurée le 25 avril, est ouverte 24h/24, sept jours sur sept.

Keystone/Salvatore di Nolfi

Le 30 décembre, sur la RTS, Mauro Poggia tonnait: «les entreprises genevoises ne jouent pas le jeu de la préférence indigène». Samedi, dans l'émission «26 Minutes», le ministre chargé de l'emploi déclarait: «Je porte la politique du MCG: priorité à l'emploi pour nos résidents.» Ces propos n'ont pas échappé à l'UDC. Le parti s'est ému mercredi de l'embauche de «trois frontaliers» par pharma24, la nouvelle officine de garde sise dans l'hôpital. L'élu MCG a toujours porté ce projet, honni par le député Thomas Bläsi. L'agrarien craint un dumping salarial et juge incohérente la bienveillance du conseiller d'Etat. «Pour moi, les frontaliers ne sont pas un problème de fond, mais lui en fait un tapis volant électoral.»

Mauro Poggia riposte. «C'est clair que pharma24 doit être irréprochable, mais là, M. Bläsi aurait été inspiré de s'abstenir. Deux des pharmaciens cités sont des Suisses, formés en Suisse, habitant en France. Le troisième, un permis G formé à Montpellier, a été embauché initialement à Genève par M. Bläsi lui-même. Tous travaillaient déjà ici et gagnent au moins autant qu'à leur poste d'avant. Et pharma24 a pris deux assistantes au chômage.»

Président du conseil d'administration, Jean-Luc Forni note que 150 offres étrangères ont été refusées «pour privilégier l'emploi local». Les chômeurs du cru, eux, «ont renoncé à cause des horaires ou n'avaient pas le profil.» Thomas Bläsi, lui, persifle. «On comprend bien que des non-résidents diplômés en Suisse ne sont plus des frontaliers.»

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