Attentat de Londres: Polémique autour des services de sécurité
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Attentat de LondresPolémique autour des services de sécurité

Les autorités italiennes avaient transmis en 2016 aux Britanniques des informations concernant l'un des assaillants présumés.

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Le Royaume-Uni a commémoré dimanche l'attentat du London Bridge, qui avait fait huit morts et une cinquantaine de blessés il y a un an, lors d'une cérémonie suivie d'une minute de silence observée sur le lieu même de l'attaque. (dimanche 3 juin 2018)

Le Royaume-Uni a commémoré dimanche l'attentat du London Bridge, qui avait fait huit morts et une cinquantaine de blessés il y a un an, lors d'une cérémonie suivie d'une minute de silence observée sur le lieu même de l'attaque. (dimanche 3 juin 2018)

AFP
Il y a un an, responsables politiques et médias ont venté son «héroïsme» durant l'attentat de London Bridge. Mais pour Florin Morariu, jeune boulanger roumain, c'est après l'attaque terroriste que le plus dur a commencé. (1er juin 2018)

Il y a un an, responsables politiques et médias ont venté son «héroïsme» durant l'attentat de London Bridge. Mais pour Florin Morariu, jeune boulanger roumain, c'est après l'attaque terroriste que le plus dur a commencé. (1er juin 2018)

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Le Royaume-Uni commémorera dimanche l'attentat de London Bridge, qui avait fait huit morts et une cinquantaine de blessés le 3 juin 2017. Christine Delcros s'en souvient: elle était sur le pont, elle y a perdu son compagnon. (Vendredi 1er juin 2018)

Le Royaume-Uni commémorera dimanche l'attentat de London Bridge, qui avait fait huit morts et une cinquantaine de blessés le 3 juin 2017. Christine Delcros s'en souvient: elle était sur le pont, elle y a perdu son compagnon. (Vendredi 1er juin 2018)

AFP

La polémique sur l'efficacité des services de sécurité et de renseignement a pris de l'ampleur mardi au Royaume-Uni, à deux jours de législatives, après la révélation que deux des trois auteurs de l'attentat qui a frappé Londres samedi avaient été signalés aux autorités.

L'identité de Youssef Zaghba, un Italien d'origine marocaine de 22 ans, troisième membre de l'équipée meurtrière, a été révélée mardi matin par Scotland Yard, qui a affirmé qu'il n'était pas connu des services de police. Zaghba «n'était pas un sujet d'intérêt pour la police ou le MI5», le service de renseignement britannique, a fait savoir la police de Londres.

Mais selon les autorités italiennes, il avait été repéré en mars 2016 après avoir apparemment cherché à gagner la Syrie, et dûment signalé aux autorités britanniques. «Il a été signalé à Londres comme possible suspect», a déclaré le procureur de Bologne, Giuseppe Amato, sur Radio 24.

Nouvel attentat à Londres, au moins 7 morts

Trois assaillants à bord d'une camionnette ont foncé dans la foule samedi 3 juin au soir sur le London Bridge au coeur de Londres puis attaqué des passants au couteau, faisant au moins sept morts et une cinquantaine de blessés, avant d'être abattus par la police.

Minute de silence observée

L'identité des deux autres auteurs de l'attentat avait été dévoilée lundi: Khuram Shazad Butt, 27 ans, un Britannique né au Pakistan connu des services de police, et Rachid Redouane, 30 ans, qui se présentait comme un binational marocain et libyen.

Londres: des témoins décrivent les attaques

Un attentat a de nouveau frappé samedi soir le coeur de Londres, où trois assaillants à bord d'une camionnette ont foncé dans la foule sur le London Bridge avant d'attaquer des passants au couteau, faisant six morts, avant d'être abattus par la police.

Samedi soir, les trois assaillants ont renversé des piétons à bord d'une camionnette sur le London Bridge, avant d'attaquer au couteau des passants dans le quartier animé de Borough Market. L'attaque a fait 7 morts et 48 blessés, dont 15 étaient toujours dans un état critique mardi. Les trois assaillants ont été abattus.

Le Royaume-Uni a observé mardi à 11H00 (10H00 GMT) une minute de silence en hommage aux victimes de l'attentat. Après cette troisième attaque en moins de trois mois revendiquée par le groupe Etat islamique, le pays s'interroge sur l'efficacité des services de sécurité.

Khalid Masood, l'auteur de l'attentat de Westminster le 22 mars, Salman Abedi, le kamikaze qui s'est fait exploser à la Manchester Arena le 22 mai, et Khuram Butt étaient connus des autorités et avaient fait l'objet de signalements du public. Khuram Butt, proche du prêcheur radical Anjem Choudary, était même apparu dans un documentaire de Channel 4 intitulé «Mes voisins les djihadistes » diffusé l'an dernier.

Questions sans réponses

La presse britannique s'interrogeait mardi sur le fait qu'il ait pu passer entre les mailles du filet alors qu'il était apparu dans ce documentaire devant un drapeau noir évoquant celui de l'Etat islamique. «Pourquoi n'ont-ils pas arrêté TV jihadi ? (le djihadiste, de la télé)», demandait le quotidien Sun.

Pour le journal Telegraph, «il est stupéfiant que des gens qui représentent une telle menace (...) puissent étaler leur idéologie nauséabonde à la télévision sans en subir les conséquences».

«Ce sont des questions auxquelles les services de police et de renseignement devront répondre», a reconnu mardi le ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, sur SkyNews.

Si Butt était «connu des services de police et du MI5», il n'y avait pas d'élément permettant de penser qu'une attaque était en préparation, a indiqué la police de Londres.

Dans le cadre de l'enquête sur l'attentat suicide de Manchester, un homme de 38 ans a par ailleurs été arrêté à l'aéroport londonien d'Heathrow, a indiqué tôt mercredi la police.

Lors d'un déplacement au Pays de Galles, la Première ministre Theresa May a annoncé que les services de police et de renseignement allaient entreprendre un examen de leurs méthodes de travail, comme après l'attentat de Manchester.

Mauvais moment pour Theresa May

Le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn avait appelé lundi Theresa May à démissionner, lui reprochant les réductions d'effectifs policiers ordonnées lorsqu'elle était ministre de l'Intérieur (2010-2016).

«Vous ne pouvez pas maintenir le pays en sécurité à moindre frais», l'a-t-il encore attaquée mardi soir, accusant la dirigeante d'avoir «taillé dans les budgets de la police, de la justice et de la protection des frontières».

Ces critiques tombent au mauvais moment pour la dirigeante conservatrice, à deux jours d'un scrutin décisif pour la future négociation du Brexit. Son parti reste en tête des sondages, mais l'écart avec les travaillistes s'est nettement resserré. Selon une enquête Survation publiée mardi et réalisée auprès de 1.103 personnes, les Tories n'ont plus que deux points d'avance sur le Labour dans les intentions de vote.

Appel à témoin

Les services de renseignements surveillent 3000 individus soupçonnés de «planifier» ou de «soutenir» des attaques terroristes. Le chiffre est colossal. «Il est impossible de surveiller autant de personnes. Suivre un suspect sur 24 heures demande 20 agents», a expliqué à l'AFP Peter Neumann, directeur du Centre international d'étude de la radicalisation (ICSR), au King's College de Londres.

A Londres, le budget de la police a été amputé de 600 millions de livres (686 millions d'euros) ces sept dernières années, a précisé le maire travailliste Sadiq Khan à la BBC. Deux nouvelles victimes ont été identifiées mardi. Alexandre Pigeard, un Français de 27 ans venu à Londres pour «améliorer son anglais» d'après son père, a été poignardé lors de son service en tant que serveur au Boro Bistrot, ciblé par les assaillants.

Kirsty Boden, une infirmière australienne de 28 ans, a été tuée alors qu'elle tentait «d'aider des personnes» pendant l'attaque, selon sa famille.

La ministre australienne des Affaires étrangères Julie Bishop a annoncé de son côté que deux Australiens figuraient parmi les personnes tuées dans l'attentat, sans donner le nom de la deuxième victime.

Scotland Yard a également lancé un appel à témoins pour tenter de retrouver Xavier Thomas, un Français de 45 ans porté disparu depuis la nuit de l'attentat. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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