14.03.2017 à 18:06

BernePolice: interdiction de prendre congé le 18 mars

Une manifestation pour protester contre la mise en oeuvre trop souple de l'initiative UDC contre l'immigration massive, prévue le week-end prochain à Berne, a été annulée. Malgré cela, les forces de l'ordre sont en état d'alerte.

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Simon Ulrich/ofu
Keystone/Peter Klaunzer

Reto Nause, en charge de la sécurité à Berne, a rarement vu autant de dispositions prises pour un seul événement. Il fait allusion aux mesures de sécurité décidées en vue d'une manifestation contre la mise en oeuvre trop souple de l'initiative UDC contre l'immigration massive, prévue initialement le 18 mars prochain, mais annulée entre-temps.

Même si le rassemblement n'aura officiellement pas lieu, la police cantonale interdit à ses employés de prendre congé samedi prochain. C'est ce que révèle mardi «20 Minuten» en se basant sur deux sources internes. Contacté, le porte-parole des forces de l'ordre, Christoph Gnägi, confirme l'information. «Il a été nécessaire de prendre cette mesure pour nous assurer d'avoir suffisamment de forces disponibles dans le canton de Berne en cas de besoin.»

Une mesure «plutôt rare»

Les jours de vacances posées avant l'instauration de cette mesure pourront néanmoins être pris, assure le porte-parole. Mais pour cela, les personnes concernées ont dû déposer une demande pour vraiment pouvoir partir en congé. Christoph Gnägi explique que ce n'est pas la première fois que des agents se retrouvent face à une telle interdiction. Il concède tout de même qu'il s'agit d'une mesure «plutôt rare».

Les forces de l'ordre craignent des débordements en ville et cela malgré l'annulation du comité d'organisation, appelé Brennpunkt Schweiz. Certains sympathisants de l'UDC affirment en effet sur les réseaux sociaux qu'ils se rendront malgré tout à Berne: «J'appelle tous les gens à manifester le 18 mars à Berne. Il s'agit de nous et de notre droit», écrit l'un d'entre eux sur Facebook. C'est à cause de ce type d'appels que Reto Nause estime qu'il est actuellement difficile d'évaluer la situation: «On ne sait pas qui viendra samedi prochain et qui ne viendra pas.»

«Je m'assurerais d'avoir assez de forces disponibles»

Interrogé par nos confrères, Samuel Althof, expert en extrémisme, estime que des débordements sont bel et bien probables: «Si une personne jouissant d'une certaine influence dans les milieux de droite lance un tel appel sur internet alors il est possible qu'une centaine de personnes la suivront.»

Il précise aussi qu'un tel rassemblement incitera également l'autre bord, les milieux de gauche, à se rassembler à leur tour. «Si j'étais la police, je m'assurerais d'avoir assez de forces disponibles.»

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