29.03.2017 à 04:57

Genève

Policier jugé pour un choc à 18 km/h en intervention

Un agent a causé un accident lors d'une course urgente, dans le quartier des Pâquis (GE), en 2015. Il a fait opposition à une décision de justice qui le condamnait.

de
Léonard Boissonnas
Les gendarmes ont brûlé un feu lors de leur course.

Les gendarmes ont brûlé un feu lors de leur course.

TG

Une collision provoquée à moins de 20 km/h qui n'a occasionné que des dégâts matériels: c'est ce à quoi doit répondre un gendarme de 29 ans, stagiaire au moment des faits. Ceux-ci remontent au 30 avril 2015. Cette nuit-là, l'agent, qui se trouvait au volant, et sa collègue avaient été appelés en renfort au sujet d'une femme qui avait été agressée au couteau à la rue Sismondi, aux Pâquis (GE).

Feux bleus enclenchés, le véhicule s'est engagé sur le carrefour situé à l'intersection de la rue de Berne et celle des Alpes, malgré le feu rouge. C'est là qu'une collision s'est produite avec une voiture qui passait au vert. Selon les données de son enregistreur de bord, le véhicule de police roulait à 18 km/h au moment de l'impact.

Estimant que le gendarme n'avait «pas fait preuve de la prudence imposée par les circonstances lors d'une course officielle urgente», le Ministère public l'avait condamné en décembre 2016 par voie d'ordonnance pénale pour violation grave des règles de la circulation. Il avait écopé de 200 heures de travail d'intérêt général, ainsi qu'à une amende 1500 francs et le règlement des frais de procédure.

Mardi après-midi, devant le Tribunal de police, son avocat Me Robert Assaël a demandé l'acquittement de son client, expliquant notamment qu'à la vitesse à laquelle celui-ci s'était engagé sur le carrefour, il avait observé la prudence nécessaire. Le verdict sera rendu ultérieurement.

Un mauvais signal

Selon Me Robert Assaël, punir des agents en intervention qui ont provoqué un accident à vitesse raisonnable, est un mauvais signal: «A un moment donné, ça va démobiliser ces policiers. Ils n'oseront plus aller sur une course d'urgence, même s'il est acquis qu'ils ne doivent pas rouler comme des cow-boys». Des propos qui font écho aux inquiétudes formulées par les gendarmes suisses depuis l'introduction de Via Sicura, en 2013.

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