02.08.2020 à 10:30

Lausanne

Policier rétrogradé pour avoir espionné l’ex de sa copine

Un quadragénaire a écopé d’une sanction pénale avec sursis pour avoir utilisé à mauvais escient ses outils professionnels. Une faute qu’il a aussi payée cher, sur le plan professionnel.

de
Christian Humbert
Le sergent-major a consulté des dossiers et transmis certaines informations à sa petite amie.

Le sergent-major a consulté des dossiers et transmis certaines informations à sa petite amie.

KEYSTONE

Décidément, les policiers romands semblent avoir bien du mal à ne pas céder à la tentation d’aller consulter des fichiers professionnels à des fins personnelles, ou pour rendre service à leur entourage. Dans le cas présent, un quadragénaire vient de payer cher ce que la justice a qualifié d’abus d’autorité et de violation du secret de fonction. Celui qui était sergent-major a été rétrogradé au grade de sergent. Une descente dans la hiérarchie policière qui se traduit par un salaire amputé de 1000 francs par mois. Cet ancien chef de groupe d’une police vaudoise est aussi revenu au rôle, plus modeste, de chef de patrouille.

Tout ça pour avoir voulu «rassurer» sa copine, qui avait un contentieux pénal avec son ex. Le policier a d’abord consulté des bases de données comprenant la photo de l’ancien amant. Il a aussi épluché le journal des événements de la police qui signalait que l’homme avait été impliqué dans un accident et qu’il était sous l’influence de l’alcool. Plus tard, il a découvert que l’ex de sa copine avait aussi consommé des stupéfiants à cette occasion.

«Pas pour son profit personnel»

Toutefois, ses agissements ont été repérés et une enquête administrative a été ouverte. C’est lors de l’inspection du téléphone de son amie que les données confidentielles qu’il lui avait transmises ont fait surface. Une enquête pénale a alors été instruite. Le policier a contesté l’abus d’autorité et a insisté sur le fait qu’il n’avait pas «agi pour son profit personnel». Mais cet argument n’a pas convaincu le procureur: le quadragénaire a été condamné par ordonnance pénale à 20 jours-amende avec un sursis de deux ans, ainsi qu’au paiement de 1350 francs de frais.

Une première décision de justice comprenait, en plus, une amende. Mais elle a été annulée, vu la sanction professionnelle infligée au policier.

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