20.11.2020 à 22:28

Procès en FrancePolicière lynchée et piétinée: «Ils m'ont brisée»

Trois hommes ont été condamnés jeudi, à des peines de deux à trois ans de prison ferme, pour avoir frappé une policière lors d'une soirée du Nouvel An 2018 en région parisienne.

Les images, d’une extrême violence, avaient été publiées sur les réseaux sociaux.

Les images, d’une extrême violence, avaient été publiées sur les réseaux sociaux.

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Trois hommes ont été condamnés jeudi, à des peines de deux à trois ans de prison ferme, pour avoir frappé une policière lors d'une soirée du Nouvel An 2018 à Champigny-sur-Marne en région parisienne.

Le tribunal correctionnel de Créteil a condamné Quentin D., 21 ans, à trois années d'emprisonnement et Jean-Baptiste D., 22 ans, et Esdras S., 21 ans, à deux ans ferme, avec obligation de chercher un travail à leur sortie et d'indemniser la victime. Tous les trois, qui comparaissaient libres, ont été immédiatement incarcérés mais Esdras S., qui contestait les faits, bénéficiera d'un régime de semi-liberté. Une peine de huit mois de prison avec sursis a été prononcée à l'encontre de deux autres jeunes présents le soir des faits pour «non-assistance à personne en danger».

Cette décision nous semble à la mesure de la gravité des faits»

Me Ariane Minuer, avocate de la policière

Un jeune homme de 21 ans qui avait filmé et diffusé la vidéo de la scène de violence a quant à lui écopé de huit mois ferme qu'il effectuera chez lui sous bracelet électronique. Une jeune femme du même âge qui avait repris cette vidéo pour la diffuser sur Twitter a été condamnée à 15 mois avec sursis. «On est très satisfait de cette décision qui nous semble être très juste et à la mesure de la gravité des faits», a déclaré l'avocate de la policière, Me Ariane Mineur. «En les condamnant à une caution solidaire de 5’000 euros, le tribunal a vraiment considéré que tous étaient responsables, au même niveau, des préjudices pour ma cliente» qui est «soulagée», a-t-elle souligné.

Rouée de coups

Cette nuit du 31 décembre 2017, deux policiers étaient intervenus en renfort pour tenter de disperser les participants d'une soirée de la Saint-Sylvestre organisée à Champigny-sur-Marne dans un hangar dont une cloison s'était effondrée. Ils avaient alors été violemment pris à partie. La gardienne de la paix Laurie B., 25 ans, était projetée au sol et rouée de coups. Un peu plus loin, son supérieur, un homme de 48 ans qui ne s'est pas porté partie civile dans ce dossier, avait lui aussi reçu un violent coup de poing au visage. La scène, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, était devenue virale.

«Vous avez une fonctionnaire de police, lynchée, piétinée, brutalisée, dépouillée, qui a subi au final 30 jours d'incapacité totale de travail», a rappelé la procureure Céline Mietka, mercredi, dans son réquisitoire qui a été, dans l'ensemble, suivi, voire pour certains prévenus alourdi.

La peur de sortir de chez elle

À la barre, la policière, qui a été mutée en province à sa demande après son agression, a témoigné mardi d'une voix forte et posée. Avant d'évoquer, entre deux sanglots, l'impact dévastateur de la diffusion de la vidéo de son agression sur elle et sur ses proches. «Ils m'ont brisée, je ne suis plus la même personne qu'il y a trois ans», a-t-elle souligné. «J'étais une personne festive, j'ai arrêté de le faire, j'avais la boule au ventre de sortir.»

À la barre, Quentin D. et Jean-Baptiste D., ont reconnu les faits, expliquant avoir agi sous l'effet de l'alcool ou invoquant l'effet de groupe. Emmanuel C. et Carina D. ont eux assuré ne pas avoir pensé à mal ni avoir réfléchi aux conséquences avant de filmer pour l'un, diffuser pour l'autre la vidéo sur les réseaux sociaux. Quant à Deami M., poursuivi pour non-assistance à personne en danger avec Bruce M., il a estimé s'être retrouvé «au mauvais endroit au mauvais moment».

La plupart des prévenus n'avaient pas de casier judiciaire. Quatre mineurs sont également poursuivis dans cette affaire et seront jugés ultérieurement devant le tribunal pour enfants. Le procès d'un autre majeur a lui été renvoyé au 22 mars 2021.

(AFP)

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