Villeneuve (VD): Policiers d'élite envoyés par erreur chez des jeunes
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Villeneuve (VD)Policiers d'élite envoyés par erreur chez des jeunes

L'opération nocturne chez trois colocataires se fondait sur des odeurs louches. Qui ne venaient pas de chez eux...

par
Christian Humbert
Le logement, route de Plancudrey, est situé au-dessus dune carrosserie.

Le logement, route de Plancudrey, est situé au-dessus dune carrosserie.

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Ce qui était vite apparu comme une boulette en était bien une: l'intervention spectaculaire de la police dans un logement de Villeneuve, en décembre 2017, n'avait pas lieu d'être. Après avoir évacué un voisin «en raison de risques d'explosion», une vingtaine d'agents des troupes d'élite étaient entrés dans l'appartement «suspect», à 2 h 30. Les jeunes occupants, qui n'étaient pas couchés, leur avaient simplement ouvert la porte. Interloqués de se trouver face à un tel déploiement de force, les deux jeunes gens et la jeune femme avaient été emmenés au poste et l'appartement avait subi une fouille complète.

Relâché au matin, le trio n'a jamais eu ni explications ni excuses. Seul le mandat autorisant l'intervention policière leur a été envoyé plus tard. En janvier, tout s'est enfin éclairci: à cause de fortes émanations chimiques, on a cru qu'ils élaboraient des stupéfiants. «Ils auraient pu se renseigner. Le logement est au-dessus d'une carrosserie. C'est de là que viennent les odeurs», note un des garçons.

Garçons blanchis, fille «transparente»

La procureure l'a reconnu: «Les odeurs ne provenaient pas du logement et aucun élément confirmant la fabrication de stupéfiants n'a été découvert.» C'est par l'ordonnance de classement de l'affaire que les colocataires ont su ce qu'on leur reprochait. «Entre novembre et le 12 décembre 2017, date de la perquisition, ils auraient fabriqué des produits stupéfiants dans leur appartement d'où se dégageaient de fortes odeurs chimiques», est-il écrit.

Ce document indique que les deux garçons sont blanchis puisqu'il «apparaît qu'aucun élément n'a été recueilli durant l'enquête et qu'aucune autre mesure d'instruction ne serait de nature à confirmer les soupçons». En revanche, l'ordonnance ne fait aucune mention de la jeune femme, pourtant elle aussi interpellée.

Dégâts mineurs

Le coût de cette intervention n'est pas chiffré. Il n'y a heureusement eu que des dégâts mineurs dans l'appartement. Et comme les jeunes gens sont peu informés des procédures judiciaires, ils n'ont pas pris part à la procédure et n'ont pas consulté le dossier. Un avocat contacté leur a conseillé d'en rester là. La procureure n'a pas voulu commenter.

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