Actualisé 14.03.2016 à 07:34

GenèvePoliciers furibards contre leur réseau téléphonique

Pour faire des économies, le Département de la sécurité a changé d'opérateur. Mais la couverture ne serait pas optimale et cela péjorerait le travail des agents.

de
David Ramseyer
photo: Kein Anbieter

Conversations coupées, mauvaise réception, applications en rade: les portables que l'Etat fournit aux policiers genevois moulinent passablement. «On perd en efficacité et en temps», se plaint un agent qui a souhaité rester anonyme. «Le constat est général, cela nous retarde dans notre travail, confirme le président du syndicat de la police (UPCP) Marc Baudat. C'est une gêne; mais il n'y a pas mort d'homme.»

Réseau défaillant?

Par mesure d'économie, le Département cantonal de la sécurité (DSE) a changé d'opérateur fin avril 2015, passant de Swisscom à Sunrise. Mais voilà: la couverture de ce dernier serait moins bonne. Des soucis de réception empêcheraient certains appels. Ils retarderaient aussi des interventions et des investigations dans le cadre, par exemple, de contrôles de personnes ou de véhicules. Les forces de l'ordre utilisent en effet des applications spéciales qui, logiquement, dysfonctionnent sans une bonne connexion. Un problème pour un service d'urgence comme la police? Il faut relativiser. Lors d'opérations importantes ou des patrouilles, la police utilise les ondes radios pour communiquer, pas des natels.

Solutions à trouver

Reste que dès le changement de réseau, les doléances se sont multipliées. Moins d'un mois après l'arrivée du nouvel opérateur, la direction de la police a ainsi demandé à ses collaborateurs de lui répercuter les problèmes rencontrés. «La question est connue au plus haut niveau», admet le Canton. Des rencontres ont régulièrement lieu notamment avec Sunrise, pour trouver des solutions qui répondent «à la fois à la nécessité sécuritaire et au souci d'économie», précise le DSE.

De son côté, l'opérateur téléphonique confirme avoir des contacts réguliers avec la police genevoise mais assure qu'il n'a «pas connaissance de problème de couverture ni de qualité.»

Policiers vaudois pas tous connectés

Contrairement à Genève, Vaud n'a pas encore équipé de smartphones l'ensemble de ses policiers. Un projet en ce sens est en cours, précise Jean-Christophe Sauterel, porte-parole des forces de l'ordre. Pour l'heure, l'Etat vaudois fournit des cadres, ou des agents selon les besoins lors de missions spécifiques. Le personnel doté de smartphones peut les utiliser à titre personnel et paie une partie de la facture. Ce n'est pas le cas à Genève, où tous les coûts sont pris en charge par le Canton.

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