Bâle: Policiers «insultés et attaqués» par 200 jeunes
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BâlePoliciers «insultés et attaqués» par 200 jeunes

Un grand groupe de fêtards a lancé des bouteilles au visage de cinq agents, samedi à Bâle. La Fédération suisse des fonctionnaires de police exige que les violences envers les forces de l'ordre soient mieux punies.

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jd/ofu/ats
photo: Kein Anbieter

Une intervention de police a priori banale dans la cité rhénane a tourné au vinaigre, dans la nuit de samedi à dimanche. «On nous a signalé une baston entre plusieurs personnes près de la fontaine Tinguely. Une fois sur place, nos cinq agents sont tombés sur un jeune de 17 ans qui venait de frapper un ado de 16 ans à deux reprises au visage», explique mardi le porte-parole des forces de l'ordre, Martin Schütz. Le plus âgé des deux se serait montré très agressif envers les agents lorsque ceux-ci ont tenté de séparer les deux jeunes alcoolisés.

Soudainement, précise Martin Schütz, les quelque 200 fêtards qui se trouvaient aux alentours de la place du Théâtre au moment de l'intervention ont commencé à réagir de manière inexpliquée et incontrôlée. «Les cinq policiers ont été insultés et menacés avant de se faire jeter des bouteilles. L'attaque a été si violente que les agents ont dû faire usage de leur spray au poivre pour se défendre.» Le porte-parole ajoute cependant que le liquide a été sprayé au sol pour tenir la horde de personnes à l'écart.

Impossible de définir qui a commis quel crime

Pour finir, les policiers ont uniquement embarqué les deux ados qui s'étaient battus ainsi qu'un jeune de 21 ans qui avait tenté de se soustraire à un contrôle. Selon Martin Schütz, l'unique but des agents à ce moment-là était de s'écarter du groupe de fêtards en présence des trois jeunes: «Dans ce type de situation, il est impossible de définir quelle personne a commis quel crime et encore moins d'arrêter d'autres individus», explique le porte-parole.

Contactée, la Fédération suisse des fonctionnaires de police (FSFP) confirme que la violence avec les policiers est un thème récurrent dans le milieu. De nos jours, note le secrétaire général Max Hofmann, les personnes représentant l'autorité ne sont plus reconnues et acceptées: «C'est un problème qui touche non seulement les agents, mais aussi les familles où les parents n'ont plus leur mot à dire.»

Une peine minimale de 10 jours de prison demandée

La FSFP affirme avoir fait tout son possible, et cela à tous les niveaux politiques, pour pouvoir protéger mieux les agents contre ce type d'agression. «Ce n'est pas possible que cinq agents doivent faire face à 200 personnes. C'est une attaque contre l'Etat.»

Concrètement, Max Hofmann demande que les violences envers la police soient punies plus sévèrement. «Ça ne sert à rien si les responsables s'en sortent uniquement avec une amende. C'est loin d'être dissuasif.» Dans une pétition, la fédération demande une peine minimale de 10 jours de prison.

Débordements à Genève: l'ex-n°2 de la police dédouané

La sous-commission de contrôle de gestion du Grand Conseil genevois a récemment contesté les griefs du Conseil d'Etat à l'encontre de Christian Cudré-Mauroux, dégradé suite à sa gestion d'une manifestation sauvage qui avait dégénéré fin 2015.

Selon cette commission, citée samedi par la télévision locale Léman Bleu, l'ancien n°2 de la police n'a été prévenu qu'oralement, pas par écrit, du nombre attendu des manifestants et des possibles intentions violentes de certains d'entre eux. La qualité et l'exhaustivité des informations données par oral à Christian Cudré-Mauroux quelques jours avant les faits ne peuvent être confirmées, estiment les trois députés à l'origine du rapport. Ceux-ci dénoncent ainsi des manquements dans la transmission des renseignements.

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