Présidentielle: Politique et «people», grand classique d'une élection américaine
Actualisé

PrésidentiellePolitique et «people», grand classique d'une élection américaine

Cette fois encore, les candidats à la Maison Blanche en appellent aux célébrités, les stars du showbiz et celles qui font la «une» des magazines et le «primetime» des télévisions.

Ce qui n'empêche pas ces vedettes, pour la plupart pro-démocrates, d'avoir leur mot à dire dans la collecte des fonds.

Mardi soir, Barbra Streisand a ainsi présidé une soirée à Beverly Hills (Californie) au cours de laquelle neuf millions de dollars (6,3 millions d'euro) ont été récoltés pour le candidat démocrate Barack Obama. Parmi les participants étaient présents d'autres poids lourds de Hollywood, dont Leonardo DiCaprio, Steven Spielberg, Will Ferrell, Jodie Foster et Jamie Lee Curtis.

Le candidat républicain John McCain s'est saisi de l'événement pour railler Obama et son discours à deux faces. «Il dit qu'il veut se tenir aux côtés des gens -plutôt aux côtés des «people»- juste avant de s'envoler à une soirée de collecte de fonds avec Barbra Streisand et ses amis célèbres...», a-t-il lâché mardi à Vienna (Ohio).

John McCain a déjà qualifié Barack Obama de «plus grande célébrité du monde», n'hésitant pas à le comparer à Britney Spears et Paris Hilton. Si les projecteurs sont aujourd'hui braqués sur sa colistière Sarah Palin, le candidat républicain s'est vu rétorquer mercredi par le camp Obama qu'il était «la plus grande célébrité de Washington».

Sarah Palin, qui a accordé l'une de ses premières interviews comme colistière au magazine «People», est elle aussi la cible des célébrités. La semaine dernière, Matt Damon l'a comparée à «un mauvais film Disney» dans un entretien à l'Associated Press.

Devant le soutien quasi-unanime accordé à Obama par les «people», le publiciste d'Hollywood et ancien combattant Michael Levine a mis en garde le sénateur noir de l'Illinois sur le fait qu'il s'entourait de trop de célébrités et que cela était préjudiciable pour sa campagne.

De son côté, John McCain compte quelques soutiens «hollywoodiens» dans son sac: étaient ainsi présents à la convention républicaine Robert Duvall, Jon Voight, Pat Boone, LeAnn Rimes et l'ex-candidat à l'investiture républicaine Fred Thompson.

«Nous sommes de simples citoyens», a fait valoir le rocker Ted Nugent, partisan du ticket McCain-Palin. «Mais nos paroles ont plus de visibilité que celles de nos amis travailleurs.»

John McCain est particulièrement fier d'avoir reçu l'appui de Sylvester Stallone. Barack Obama peut lui s'enorgueillir d'avoir celui de Michael Moore, qui met en ligne gratuitement son prochain film, le 23 septembre, sur l'engagement de la jeunesse lors de la précédente présidentielle américaine de 2004.

Ces soutiens paillettes peuvent-ils vraiment influencer les résultats du scrutin du 4 novembre? Une étude de l'Université du Maryland suggère que oui: le ralliement d'Oprah Winfrey, l'animatrice vedette de la télévision amaricaine, aurait ainsi apporté environ un million de voix à Barack Obama lors de la primaire démocrate.

Le professeur d'économie Craig Garthwaite, qui a réalisé l'étude avec son collègue Timothy Moore, considère que l'influence des vedettes est moindre pour une élection nationale, qui fait ressortir les différences entre les candidats. Mais il pense que l'on crédite les célébrités de moins d'influence qu'elles n'en ont en réalité.

«J'oserais dire que leur influence est sous-estimée», explique Craig Garthwaite. «Il serait incompréhensible que les hommes politiques prennent autant de temps à rassembler ces voix-là, si elles n'étaient pas susceptibles d'avoir un impact.» (ap)

Ton opinion