Ecole hôtelière de Lausanne: Pollutions répétées dénoncées sur le chantier

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Ecole hôtelière de LausannePollutions répétées dénoncées sur le chantier

A deux reprises cette année, des sédiments ont fini dans une rivière, poussant le Canton à réagir devant la justice. Les deux cas ne seraient toutefois pas liés.

par
Pauline Rumpf
L'immense chantier du nouveau campus pose visiblement de nombreux défis.

L'immense chantier du nouveau campus pose visiblement de nombreux défis.

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Chaque chantier comporte ses défis. Celui du nouveau campus de l'Ecole hôtelière de Lausanne (EHL) semble être confronté à des problèmes souterrains. A deux reprises durant la première moitié de l'année 2019, en effet, les pompes de traitement des eaux de chantier ont été débordées, notamment lors de fortes pluies. Elles ont alors déversé leur surplus dans le cours d'eau voisin, le Flon Morand (ndlr: à ne pas confondre avec le Flon).

Résultat, une quantité non négligeable de sédiments ont été rejetés dans la rivière et se sont déposés au fond. Assez pour susciter que des collaborateurs du chantier soient dénoncés par le Canton auprès du Ministère public pour pollution. Ce genre de procédure est lancé une soixantaine de fois par année en moyenne.

En février, c'est l'entreprise Orllati qui s'est laissée surprendre par une trop grande quantité d'eau lors d'un forage géothermique. Puis, en juin, le système mis en place par la société Sotrag a été dépassé par des pluies trop abondantes sur des travaux menés par la firme Marti.

Rivière nettoyée et système adapté

«Aucun de ces sédiments sont de nature polluée», se défend Sherif Mamdouh, chargé de la communication de l'Ecole hôtelière. C'est exact, même s'il joue sur les mots, puisqu'un rejet d'une grande quantité d'éléments, même naturels, peut perturber le biotope d'un cours d'eau et constitue donc une pollution.

«Les plaques de sédiments ont été retirées, et le Flon Morand nettoyé», poursuit le porte-parole. Une enquête du Ministère public est maintenant en cours. Les deux cas ne sont toutefois pas directement liés, puisqu'ils sont le fait d'entreprises distinctes.

«Les installations de traitement des eaux de forage ont été tout de suite adaptées et redimensionnées», précise Sherif Mamdouh. Le chantier est d'ailleurs en règle concernant son plan de gestion des eaux de chantier, réajusté après les incidents. «Depuis ce jour, plus aucun déversement lié aux forages ne s'est produit», conclut-il.

Le silence règne

Ni Orllati, ni Marti, ni Sotrag n'ont souhaité répondre à nos questions, puisque l'EHL, dont la branche immobilière est maître d'ouvrage du chantier, a verrouillé leurs communications à la presse. De son côté, l'école indique ne pas avoir été mise en cause dans cette affaire et ne pas avoir connaissance d'une dénonciation d'un partenaire au Ministère public. Réponse similaire du côté des architectes.

Sur le chantier, des ouvriers indiquent encore une pollution de sols supplémentaire, pour laquelle de la terre est en train d'être ôtée. L'affaire n'est peut-être donc pas encore terminée.

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