Jura bernois: Pompier pyromane: «C'est bien moi l'incendiaire»
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Jura bernoisPompier pyromane: «C'est bien moi l'incendiaire»

Le Ministère public a requis une peine de 8 ans et demi contre un homme qui comparaissait lundi devant le tribunal de Moutier (BE). L'accusé a reconnu être l'auteur de 15 incendies intentionnels et d'une tentative d'incendie.

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La police a arrêté vendredi 28.03.2014 un homme soupçonné d'être le pyromane en série qui a sévi à Reconvilier dans le Jura bernois. Au total, près d'une vingtaine d'incendies suspects ont éclaté depuis 2012. En voici quelques-uns en images.

La police a arrêté vendredi 28.03.2014 un homme soupçonné d'être le pyromane en série qui a sévi à Reconvilier dans le Jura bernois. Au total, près d'une vingtaine d'incendies suspects ont éclaté depuis 2012. En voici quelques-uns en images.

Lecteur reporter
27.09.2012 Une maison inhabitée a été la proie des flammes jeudi soir à Reconvilier, dans le Jura bernois. A cette époque déjà, la police n'excluait pas une origine criminelle.

27.09.2012 Une maison inhabitée a été la proie des flammes jeudi soir à Reconvilier, dans le Jura bernois. A cette époque déjà, la police n'excluait pas une origine criminelle.

Lecteur reporter
Deux garages ont été détruits par le feu dans la nuit de vendredi à samedi 01.12.2012 à Reconvilier (BE). Personne n'a été blessé, mais les dégâts s'élèvent à plus d'une centaine de milliers de francs.

Deux garages ont été détruits par le feu dans la nuit de vendredi à samedi 01.12.2012 à Reconvilier (BE). Personne n'a été blessé, mais les dégâts s'élèvent à plus d'une centaine de milliers de francs.

Lecteur reporter

«C'est bien moi l'incendiaire de Reconvilier (BE) et de Tavannes (BE)». Le pompier volontaire qui comparaît devant le tribunal à Moutier (BE) reconnaît être l'auteur d'une série d'incendies qui avait suscité une véritable psychose dans la région: 15 incendies intentionnels et une tentative d'incendie selon l'acte d'accusation.

Problèmes de communication

L'accusé a expliqué son geste par un mal-être et par ses difficultés à communiquer en cas de problèmes relationnels. Devant le tribunal, il a déclaré qu'en passant à l'acte, il mettait de côté tous «les mauvais souvenirs» liés notamment à une adolescence difficile. A cela s'ajoute le fait qu'il appréciait de se retrouver avec les autres pompiers, de former un groupe de copains.

Agé de 27 ans, le prévenu n'a jamais agi par fascination du feu ou dans la volonté de nuire. «Mon but n'était pas de mettre la vie de quelqu'un en danger», a-t-il justifié. Les sinistres n'avaient pas fait de blessés. Les flammes avaient essentiellement détruit des hangars, des locaux vides et des véhicules.

Arrêté après une intervention

Selon l'acte d'accusation, ce père de trois enfants aspergeait les lieux avec de l'alcool gélifié et mettait ensuite le feu avec son briquet. «Sur chaque sinistre que vous avez provoqué, vous êtes personnellement intervenu», a relevé le président du tribunal Jean-Mario Gfeller. Le pompier a été arrêté durant la nuit à son domicile au retour d'une intervention.

Devant une salle d'audience bondée, l'accusé a à plusieurs reprises présenté ses excuses à la population pour le climat de peur qu'il avait instauré. Près d'une vingtaine d'incendies suspects avaient frappé le village de Reconvilier et sa région. Les faits qui lui sont reprochés vont de mai 2012 à février 2014.

Conscient de la gravité de ses actes, le prévenu souhaite pouvoir entamer le plus rapidement une thérapie. «Aujourd'hui, je sais qu'il faut parler des choses qui ne vont pas», a-t-il déclaré en évoquant ses problèmes relationnels. Le prévenu sera fixé mercredi sur son sort.

Lourde peine requise

Dans un réquisitoire de plus de deux heures, le Ministère public a requis une peine de 8 ans et demi de réclusion contre ce pompier volontaire. Le procureur Pascal Fischer a relevé la durée et la répétition des actes délictueux.

«La peur et l'angoisse ont pris en tenaille tout un village durant deux ans», a souligné le procureur. Il a estimé que le prévenu avait agi par égoïsme, pour éliminer des frustrations, qualifiant sa culpabilité de très lourde. Selon le procureur, l'accusé voulait obtenir une forme de reconnaissance par ses actions au sein du Corps des sapeurs-pompiers de la Birse.

Dans huit cas, les sinistres ont représenté un danger collectif, selon l'accusation. «En tant que pompier, il était au courant des risques d'extension de l'incendie», a affirmé le ministère public. A ses yeux, la chance et l'intervention rapide des pompiers ont évité des destructions plus importantes.

Troubles de la personnalité

«Mon client est malade, il souffre de pyromanie», a plaidé Vincent Kleiner. L'avocat a dressé le portrait d'un homme souffrant de problèmes de nature psychiatrique, relevant un parcours de vie qu'il qualifie de difficile. «Mon client n'allait pas bien», a-t-il déclaré, fort d'une psychiatrique, en faisant état d'une responsabilité réduite.

L'accusé n'a jamais eu la volonté de mettre sciemment la vie d'autrui en danger, a ajouté la défense. «Il n'avait pas pour but de s'en prendre à des vies, mais à des biens matériels. Vincent Kleiner a aussi évoqué le repentir sincère de son client pour plaider une peine de 36 mois de prison, dont 18 mois avec sursis durant quatre ans. (ats)

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