Genève: Pontons du Rhône: les opposants ont gagné

Actualisé

GenèvePontons du Rhône: les opposants ont gagné

La justice a annulé les autorisations de construire demandées par la la Ville et le Canton. Un recours reste possible.

par
Maria Pineiro
Les nouveaux pontons ne verront pas le jours dans les mois qui viennent.

Les nouveaux pontons ne verront pas le jours dans les mois qui viennent.

Keystone/Anthony Anex

Il n'y aura pas de nouveaux pontons, wc et douches sur les bords du Rhône cet été. Le 21 juin, comme le révélait le «Matin dimanche», les riverains du fleuve en aval du pont Sous-Terre ont gagné en justice. Ils s'opposaient aux aménagements prévus par la Ville et la Canton sur l'eau et la terre. Un long ponton, des bouées de secours, plus d'échelles, de l'herbe et des lieux d'aisance étaient prévus.

Planification nécessaire

Le Tribunal administratif de première instance (TAPI) a donné raison aux recourants qui s'étaient déjà opposés en 2014 avec succès à la mise en place d'infrastructures dans cette zone appréciée des baigneurs et autres pique-niqueurs. Dans son arrêt, la justice relève que les autorités n'ont que peu modifié le projet contesté, se contentant d'en réduire le périmètre. Dès lors, le TAPI a considéré que les arguments qui avaient valu l'annulation en 2014 étaient encore valables.

La justice a estimé que le projet des autorités s'inscrit dans un «processus général d'aménagement des rives du Rhône». Elle base essentiellement sa décision sur l'absence de planification, nécessaire dans cette zone particulière en termes d'inondations et de préservation écologique. Entre les lignes, on comprend que l'Etat a interprété diverses lois et réglementations de manière souple afin de s'éviter de longues procédures. «Compte tenu des incidences d'un tel projet sur l'environnement et la planification locale, une procédure préalable de planification est nécessaire», conclut le tribunal.

Planifcation globale exigée

Les plaintes des riverains quant aux nuisances générées par la forte affluence du site sont également reconnues. Le TAPI juge que les aménagements prévus «rendront les lieux plus attractifs et seront susceptibles d'augmenter (...) les nuisances pour les habitants du quartier».

Les opposants ont donc obtenu gain de cause sur toute la ligne. L'un d'entre eux estime qu'il appartient désormais aux autorités d'intégrer tout aménagement à la pointe de la Jonction «dans une démarche de planification à grande échelle qui proposera une solution globale pour tout le secteur jusqu'au pont Sous-Terre en tenant compte de tous les intérêts en présence».

La Ville renonce pour l'heure

Pour la Ville et le Canton, cette décision constitue un énième ralentissement dans la volonté d'aménager les berges du Rhône. Claude-Alain Macherel, directeur du Département de constructions et de l'aménagement, affirme que «la Ville ne fera probablement pas recours. Nous préférons nous concentrer désormais sur la réalisation d'un parc public à la pointe de la Jonction qui a le soutien du Conseil municipal. C'est dans ce cadre que sera menée une réflexion sur les aménagements liés à la baignade dans le Rhône.»

Le canton ne sait pas encore s'il fera recours contre l'annulation des autorisations de construire. «Qu'elle que soit notre décision, nous n'abandonnons pas l'idée d'aménager intelligemment les rives du Rhône afin de répondre aux besoins d'accès à l'eau de la population», a détaillé Pauline de Salis, porte-parole du Département du territoire.

Ton opinion