Ukraine: Porochenko prêt à mettre un terme au cessez-le-feu
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UkrainePorochenko prêt à mettre un terme au cessez-le-feu

Neuf soldats ont perdu la vie dans l'attaque de leur hélicoptère, mardi, en Ukraine. Le président ukrainien agite la menace d'une fin du cessez-le-feu.

Vladimir Poutine a fait mardi un pas vers l'apaisement en levant la menace d'une intervention de l'armée russe en Ukraine, avant une rencontre à Vienne avec le président de l'OSCE Didier Burkhalter. Mais après une rupture de la trêve par les rebelles, son homologue ukrainien Petro Porochenko a averti qu'il pourrait mettre fin au cessez-le-feu.

M. Burkhalter a rencontré dans la soirée M. Poutine. Selon une journaliste présente sur place, il a appelé les soutiens au plan de paix à être concrets.

Dans son discours d'ouverture de la conférence annuelle de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) sur la sécurité, il avait auparavant demandé à la Russie d'aider à la libération des observateurs retenus depuis un mois dans l'est de l'Ukraine.

Il a aussi salué la position des chefs séparatistes de Donetsk et Lougansk, qui ont annoncé lundi vouloir également observer un cessez-le-feu.

Militaires ukrainiens tués

Mais la destruction en vol d'un hélicoptère militaire par des rebelles près de Slaviansk, l'un des bastions rebelles, souligne que la désescalade est encore loin. Selon le porte-parole de l'armée, deux autres soldats ukrainiens ont été tués dans d'autres attaques rebelles mardi.

«Il y avait neuf personnes à bord de l'hélicoptère, un Mi-8. Selon de premières informations, ils sont tous morts», a déclaré un porte-parole de l'armée ukrainienne, Vladislav Selezniov. Selon lui, l'hélicoptère a été abattu par une roquette tirée par un système d'arme sol-air portable - un type d'armement lourd que Kiev accuse Moscou de donner en sous-main à la rébellion. La Russie a toujours nié faire parvenir des armes aux insurgés.

Le cessez-le-feu doit être prolongé et déboucher sur des «négociations substantielles», a toutefois déclaré à Vienne M. Poutine lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue autrichien Heinz Fischer. «Je veux créer les conditions d'un processus pacifique», a-t-il expliqué.

Juste avant de s'envoler pour la capitale autrichienne, le président russe avait demandé au Conseil de la Fédération, la chambre haute du Parlement russe, de lever l'autorisation d'intervenir militairement en Ukraine, qu'il avait sollicitée en mars.

Plusieurs réunions

L'autorisation de recours à l'armée, motivée officiellement par la nécessité de défendre les citoyens russes en Ukraine, avait contribué à l'escalade de la tension entre les deux voisins.

M. Porochenko, qui s'est entretenu mardi à Kiev avec le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, avait alors aussitôt salué l'annonce du Kremlin, comme plus tard la Maison Blanche. Il a évoqué un «premier pas concret» vers un règlement de la situation dans l'est du pays.

«L'Ukraine doit récupérer sa capacité à contrôler ses frontières», a de son côté affirmé M. Steinmeier. Il a souligné que le succès du plan de paix dépendait du «respect du cessez-le-feu».

(ats/afp)

Cessez-le-feu à prolonger

Le cessez-le-feu en Ukraine doit être prolongé et déboucher sur des «négociations substantielles», a déclaré mardi à Vienne le président russe Vladimir Poutine.

M. Poutine, qui a levé la menace d'une intervention de l'armée russe en Ukraine, a également promis que Moscou allait toutefois «continuer de protéger les Russes ethniques en Ukraine» et dit «espérer que la force militaire ne sera pas nécessaire pour cela».

Accord sur le gaz

Par ailleurs, sur la question du gaz qui est également au centre de la crise ukrainienne, l'Autriche a scellé mardi sa participation au projet russo-italien controversé de gazoduc South Stream.

Discussion Biden-Porochenko

Le président ukrainien avait jusqu'à présent souligné qu'il ne discuterait pas avec ceux qui ont «du sang sur les mains». Il n'a jamais nommé directement ceux qu'il ne souhaitait pas voir à la table des négociations. Mais ces commentaires ont été interprétés par Moscou comme une référence aux principaux chefs rebelles prorusses.

Lors d'un entretien téléphonique avec le vice-président américain Joe Biden, pour la seconde fois en 48 heures, Petro Porochenko a souligné que le cessez-le-feu devait «s'accompagner de la libération des otages et d'une fermeture de la frontière pour empêcher l'entrée en Ukraine de mercenaires et d'armes venus de Russie».

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