Actualisé 18.10.2020 à 17:23

CoronavirusPort du masque imposé dans tous les espaces publics clos de Suisse

Le Conseil fédéral a annoncé dimanche en conférence de presse l’obligation du port du masque dans tous les espaces clos. Les rassemblements spontanés de plus de quinze personnes sont interdits dans les lieux publics.

Le port du masque sera obligatoire dans tous les espaces publics clos de Suisse dès lundi pour lutter contre le coronavirus, a annoncé le Conseil fédéral dimanche. Les réunions publiques spontanées sont limitées à quinze personnes et le télétravail est recommandé.

Quais et arrêts de bus

Le Conseil fédéral réagit à la forte hausse des infections constatée ces derniers jours. La Suisse comptait 3105 nouveaux cas vendredi, contre 1487 une semaine auparavant.

Suite à la demande des cantons et après avoir tenu une séance extraordinaire dimanche, le Conseil fédéral impose le port du masque sur les quais et dans les gares, mais aussi dans les aéroports ou aux arrêts de bus. Tous les espaces publics clos sont concernés.

Lors d’une conférence de presse, le gouvernement a précisé que l’obligation vaut par exemple dans les magasins, les banques, les musées, les restaurants, les discothèques, les églises ou les vestiaires des salles de sport. Idem pour les parties de l’administration publique accessibles au public. Dans les écoles, les crèches et les zones d’entraînement des fitness, le port du masque n’est obligatoire que s’il fait partie du concept de protection desdits établissements.

Dans la modification de l’ordonnance, le Conseil fédéral précise que «toute infraction à l’obligation de porter un masque est passible d’une amende jusqu’à 10’000 francs», en vertu de la loi sur les épidémies. Les infractions «par négligence» sont punissables d’une amende pouvant aller jusqu’à 5000 francs.

Les autorités cantonales se chargent d’évaluer l’infraction. Un propriétaire de magasin peut par exemple décider s’il souhaite procéder à une dénonciation. La police est, elle, tenue de communiquer aux autorités de poursuite toute infraction présumée à l’obligation du port du masque.

«Éviter les réunions de famille»

Le ministre de la Santé Alain Berset a lancé un appel urgent à reporter les fêtes de famille «à des temps meilleurs». Pour les événements privés qui réunissent plus de quinze personnes, les convives ne peuvent boire ou manger qu’assis. Une fois debout, le port du masque devient obligatoire. Les données personnelles doivent être récoltées.

Les événements privés de plus de 100 personnes doivent avoir un concept de protection similaire à celui des événements publics et ils ne peuvent être organisés que dans des installations accessibles au public.

Le Conseil fédéral n’entend pas empêcher la vie économique et sociale, mais appelle à la prudence. La grande différence par rapport au printemps est que, actuellement, aucune entreprise ne doit fermer ses portes. Mais «chaque jour compte», a averti la présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga.

Maximum quinze personnes

Les rassemblements spontanés de plus de quinze personnes sont interdits dans les lieux publics, sur les sentiers et dans les parcs. Cela afin d’empêcher que les événements privés ne se déplacent dans l’espace public.

Les événements organisés dans l’espace public, tels que rassemblements politiques ou manifestations, sont toujours autorisés, mais uniquement avec des mesures de protection appropriées.

Pas de changement concernant les manifestations publiques comme les concerts. Seule nouveauté: pour les lieux où des secteurs sont délimités, comme dans les discothèques, leur taille est réduite de 300 à 100 personnes.

Consommation assise

Dans les restaurants, les bars ou les boîtes de nuit, boire ou manger ne sera possible qu’en position assise, à l’intérieur comme à l’extérieur.

Dans son ordonnance, le gouvernement recommande en outre de nouveau le télétravail. «C’est un élément important pour limiter le déplacement de personnes aux heures de pointe», a précisé Alain Berset. Simonetta Sommaruga a, elle, souligné qu’il est important que les employeurs de ceux qui ne peuvent travailler depuis chez eux les protègent.

«La deuxième vague est là»

Le nombre d’hospitalisations a commencé à augmenter et les effets des infections d’aujourd’hui se verront dans deux à quatre semaines, a précisé Alain Berset. «La deuxième vague est là, plus tôt et plus forte que prévu, mais nous y sommes préparés», a-t-il déclaré.

Le ministre de la Santé juge la situation inquiétante, il ne faut toutefois «pas avoir peur mais du respect devant cette évolution». Il faudra l’aide de la population pour ne pas avoir à prendre des mesures «plus drastiques». «C’est un test pour l’ensemble de notre société.»

Le Conseil fédéral a par ailleurs rappelé que les Cantons peuvent imposer des règles plus strictes. Ce sont aussi les Cantons qui sont responsables du traçage des contacts, mais la Confédération peut leur apporter son aide en cas de besoin.

(ATS/NXP)

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