Genève: Porte blindée contre squatters à la Coulou

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GenèvePorte blindée contre squatters à la Coulou

Le collectif Prenons la ville envisageait d'occuper à nouveau un immeuble vide depuis des années dans le quartier de la Jonction.

par
Maria Pineiro
Les membres du collectif Prenons la ville ont manifesté devant le 40 rue de  la Coulouvrenière.

Les membres du collectif Prenons la ville ont manifesté devant le 40 rue de la Coulouvrenière.

DR

Le rendez-vous avait été donné aux alentours de 10h samedi, non loin de Plainpalais. Une quinzaine de personnes réunissant des associations d'habitants, d'étudiants ou de partis politiques est ensuite partie en direction de la rue de la Coulouvrenière. Leur but: occuper à nouveau l'immeuble sis au numéro 40, déjà squatté le 17 mars lors d'une manifestation «pour le droit à la ville».

Une fois sur place, les militants jeunes et moins jeunes, une cinquantaine de personnes en tout, ont constaté l'impossibilité d'entrer dans le bâtiment convoité. «Une plaque blindée a été intallée sur la porte cette semaine, et nous avons pu observer une forte présence policière en civil ces derniers jours», a déploré Elise du collectif Prenons la ville.

«Le symbole de la peur»

«Cette plaque, c'est le symbole de la peur des spéculateurs, a poursuivi la jeune femme. Ils ne répondent pas à nos revendications, mais dans l'ombre, ils tentent de bloquer nos actions.» Prenons la ville projetait des activités enfantines et sportives sur le site durant le week-end.

Les diverses associations membres du collectif ont profité de cette réunion pour réaffirmer leur soutien au mouvement et à ses revendications. Ainsi des associations d'habitants de la Jonction (Jonx) et des Pâquis (Survap). Jean-Pierre Fioux, de Jonx, a rappelé la très forte densité de son quartier. «Le vrai scandale, ce n'est pas l'occupation d'un immeuble, c'est de le laisser vide durant des décennies», a-t-il estimé.

La faîtière des syndicats étudiants (Cuae) et l'association du logement pour étudiants Ciguë étaient également de la partie, regrettant le peu de place consacrée aux personnes en formation dans le canton. «L'Etat laisse les milieux immobiliers dicter leur loi», a déploré le représentant de la Cuae. Enfin, plusieurs membres du parti Solidarités, dont la candidate au Conseil d'Etat Jocelyne Haller, ou le secrétaire du parti, Pablo Cruchon étaient sur place.

Pablo Cruchon, secrétaire de Solidarités, a appelé à continuer les actions:

Action de Prenons la Ville 2

Discours de Pablo Cruchon

Enclencher une dynamique

«Des bâtiments vides comme celui-ci, il y en quatre ou cinq à Genève», a affirmé Raphaël, du collectif Prenons la ville. Le jeune homme se réjouit de la large mobilisation autour du mouvement, mais insiste que l'immeuble de la rue de la Coulouvrenière constitue la priorité du collectif.

«Nous avons envie que les gens se réapproprient la ville» a poursuivi Raphaël. Le collectif a clairement indiqué vouloir maintenir la pression sur les autorités: «Ceci n'est qu'un contretemps, nous sommes déterminés à faire de ces espaces vides des lieux de partage, de socialisation dans lesquels tous les habitants ont leur place. Nous ne nous arrêterons pas.»

Les manifestants ont symboliquement inscrit «vide» sur la porte du bâtiment à la meuleuse.

Action de Prenons la ville

Les manifestants meulent la porte d'entrée

Les manifestants avaient tout de même prévu de rester sur place pour partager un repas.

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