Chemins de fer: Porte ouverte à la privatisation de la police ferroviaire
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Chemins de ferPorte ouverte à la privatisation de la police ferroviaire

La sécurité dans les trains doit pouvoir être confiée à des entreprises privées.

Le Conseil des Etats a suivi lundi le Conseil national dans le cadre de la réforme des chemins de fer 2. Théoriquement, les agents de sécurité pourront être équipés d'une arme à feu. Le dossier retourne devant la Chambre du peuple pour l'élimination de quelques divergences.

La nécessité de renforcer la lutte contre le vandalisme dans les trains et contre les actes de violence, surtout le soir, n'était pas contestée. Les dissensions entre la gauche et la droite sont apparrues sur la question de la délégation des tâches de sécurité à des entreprises privées.

La gauche s'est engagée pour éviter une privatisation totale. Pour le PS, il faut considérer les transports publics comme un espace public. La sécurité du réseau est du ressort de l'Etat, a souligné Ernst Leuenberger (PS/SO). Son exigence que les entreprises de transports aient une participation majoritaire dans les entreprises de sécurité mandatées a été rejetée par 28 voix contre 14. Les tâches du service de sécurité et de police des chemins de fer ne pourront cependant être transférée qu'à des organisations privées ayant leur siège en Suisse et majoritairement en mains helvétiques.

Pas de «Rambos»

La question de l'utilisation d'armes à feu a aussi été très discutée. Géraldine Savary (PS/VD) a mis en garde contre les risques de dérapages. «Le remède serait pire que le mal. Je vous laisse imaginer si une situation dégénère dans un train, les dégâts humains qui pourraient être occasionnés».

Là encore, le plénum est resté sourd aux arguments de la gauche. Par 24 voix contre 17, il a souhaité confier au Conseil fédéral le soin de définir par voie d'ordonnance l'équipement et l'armement des organes de sécurité. La porte est ainsi théoriquement ouverte aux armes à feu, mais le Conseil fédéral actuel n'en veut pas. Le gouvernement souhaite en revanche maintenir les matraques ou les sprays irritants. «Il n'y aura pas de troupes de rambos» dans les trains, a rassuré la Zurichoise Verena Diener, des Verts libéraux.

Dans un communiqué, la Fédération suisse des fonctionnaires de police, le syndicat du personnel des transports, la Conférence Ebenrain-Alliance des salariés et Amnesty International ont vertement critiqué lundi la décision des sénateurs. La coalition met en garde contre les dérapages qui vont survenir et estime que la sécurité «de millions de voyageurs est bradée sur l'autel des économies». (ap)

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