10.09.2020 à 23:15

États-UnisPortland interdit l’usage du gaz lacrymogène par la police

Le maire de Portland espère réduire la violence dans les rues de sa ville en interdisant aux policiers d’utiliser du gaz lacrymogène.

Le 5 septembre 2020 dans les rues de Portland.

Le 5 septembre 2020 dans les rues de Portland.

AFP

Le maire de Portland, plus grande ville d’Oregon où des manifestants protestent contre les brutalités policières aux États-Unis depuis plus de cent jours, a officiellement interdit jeudi à la police d’utiliser du gaz lacrymogène pour le maintien de l’ordre.

Pourtant élu démocrate, Ted Wheeler est systématiquement conspué par les militants de «Black Lives Matter» et autres manifestants antifascistes qui sont dans les rues tous les soirs depuis la mort de George Floyd, quadragénaire noir asphyxié sous le genou d’un policier blanc fin mai à Minneapolis.

Ils lui reprochent notamment sa double casquette de maire et de chef de la police, et de ne pas avoir tenu ses engagements pour réduire les discriminations raciales et les brutalités policières qui visent selon eux les habitants issus de minorités ethniques.

«Besoin d’autre chose»

«Il est temps pour tout le monde de réduire la violence dans notre communauté. Nous voulons tous le changement (…) la justice pour les personnes noires et toutes les personnes de couleur», a déclaré Ted Wheeler dans une courte annonce enregistrée. «C’est pourquoi, en tant que chef de la police, avec effet immédiat et jusqu’à nouvel ordre, je donne instruction à la police de Portland de cesser d’utiliser du gaz lacrymogène pour le maintien de l’ordre», a annoncé le maire. «Durant les cent derniers jours», les policiers de la ville, du comté et de l’État d’Oregon, «ont tous utilisé du gaz lacrymogène en cas de menace pour la sécurité des personnes. Nous avons besoin d’autre chose. Nous en avons besoin maintenant», ajoute-t-il.

Les manifestations organisées presque chaque nuit dans différents quartiers de Portland, parfois très résidentiels, se sont fréquemment achevées dans d’épais nuages de gaz irritant. Le 5 septembre, centième nuit de contestation, les policiers avaient dispersé une manifestation qui marchait vers un commissariat avec un feu roulant de grenades lacrymogènes. Des centaines de riverains, souvent des familles avec enfants, s’étaient retrouvés plongés dans l’odeur des gaz lacrymogènes s’infiltrant dans les salons et les chambres.

Le maire Ted Wheeler avait été vivement critiqué sur les réseaux sociaux à la suite de cet incident. Beaucoup des policiers qui intervenaient ce soir-là étaient des policiers de l’État qui ne répondent pas au maire mais au gouverneur, et ne devraient donc pas être soumis à l’interdiction. L’annonce laissait donc jeudi perplexes certains militants sur les réseaux sociaux. Mercredi, la ville de Portland avait déjà interdit l’usage de technologies de reconnaissance faciale par tous les services municipaux, y compris les policiers.

(AFP/NXP)

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