«Un prophète»: Portrait coup-de-poing de l'univers carcéral
Actualisé

«Un prophète»Portrait coup-de-poing de l'univers carcéral

Plongez tête la première dans ce film choc sur les prisons françaises. Avec Niels Arestrup et une révélation, Tahar Rahim.

par
Anne-Catherine Renaud

Cris, injures, grillages, menottes, menaces sourdes, fouilles... Et aussi: pertes d'identité et peurs!

Dès les premières minutes, on est poussé derrière les barreaux de cette prison française. Sans espoir de retour vers la liberté. Le téléspectateur se sent oppressé et aussi terrifié que Malik El Djebena, (magnifiquement interprété par Tahar Rahim), 19 ans, héros de cette épopée carcérale.

Petit délinquant d'origine arabe, sans famille et analphabète, Malik va passer six ans en taule: un voyage au bout de l'enfer qui le transformera en caïd du grand banditisme. Car il n'y a aucun espoir de réinsertion pour ces hommes: condamnés ils sont, condamnés ils sortiront.

Jacques Audiard, qui a reçu le Grand Prix du Festival de Cannes, peint au vitriol un huis clos haletant qui dénonce la violence, la vétusté et la surpopulation des pénitenciers français, en point de mire actuellement. Face à la révélation Tahar Rahim, le fascinant Niels Arestrup compose un personnage magistral de «parrain», qui prend Malik sous son aile pour mieux le former à la dure. On ne ressort pas indemne de cette évocation forte et glauque, qui rappelle l'univers violent de la série américaine «Oz». Mais pourquoi ce titre, «Un prohète»? Sans doute, comme l'a dit Jacques Audiard, parce que Malik représente l'avènement d'un «nouveau type de mecs», qui, à force de s'adapter, finiront par s'affranchir et accéder au pouvoir.

Bande-annonce:

«Un prophète»

De Jacques Audiard, avec Tahar Rahim et Niels Arestrup

***

Ton opinion