Actualisé 01.04.2008 à 16:42

Portrait de Marcel Ospel

La crise des crédits aux Etats-Unis aura fini par emporter Marcel Ospel, président de l'UBS.

Reconnu pour ses qualités de gestionnaire, celui qui siège dans les hautes sphères de la banque depuis sa création il y a dix ans n'a en revanche jamais séduit le public.

Avec Marcel Ospel à sa tête, tout d'abord comme président de la direction en 1998 puis comme président du conseil d'administration dès 2001, l'UBS s'est imposée comme un géant incontournable dans son domaine. La plus grande banque de Suisse est devenue le numéro un mondial de la gestion de fortune, avec des activités de banque d'investissement performantes.

Mais aujourd'hui, la banque paie cher son engagement sur le marché américain des crédits immobiliers à risque. Elle a dû inscrire plus de 37 milliards de francs de dépréciations d'actifs entre le 4e trimestre 2007 et le 1er trimestre 2008, avec une perte nette de 4,4 milliards l'an passé et de 12 milliards entre janvier et mars cette année.

Malgré son obstination à ne pas quitter le navire des mois durant, Marcel Ospel n'a pas maintenu la confiance du marché. Fin février, il avait persisté et signé en apportant un démenti à tous ceux qui le voyaient démissionner, en annonçant solliciter devant les actionnaires un nouveau mandat d'un an à la présidence de la banque.

Homme de la SBS

Fils de boulanger, le Bâlois a construit pratiquement toute sa carrière à la Société de Banque Suisse (SBS). Président de la direction de l'UBS après la fusion des deux banques en 1998, il occupait déjà ce poste à la SBS.

Marcel Ospel est entré à la SBS en 1977, après des études à la Haute école de cadres pour l'économie et l'administration de Bâle. Ce passionné de voitures de sport a fait une petite défection à la banque rhénane en 1984 en s'engageant auprès de l'américaine Merrill Lynch Capital Markets.

Cette expérience dans l'une des banques d'affaires les plus réputées lui permet de revenir à la SBS en 1987 en tant que chef du négoce des titres à Zurich. La véritable ascension commence alors. Le Bâlois entre à la direction en 1990, devient directeur opérationnel de la banque d'affaires SBC Warburg en 1995 puis président de la direction de toute la SBS en 1996.

Premier des classements

Décrit comme ambitieux et déterminé, Marcel Ospel a été élu l'an dernier, et pour la troisième fois de suite, meilleur administrateur de Suisse par des experts de la finance pour la durabilité de sa gestion et sa stratégie.

Dans les classements, il a aussi plusieurs fois occupé la place de dirigeant le mieux payé du pays avec un salaire de 26,6 millions en 2007. Mais ce titre a attisé les critiques et relancé le débat sur les revenus des managers.

Réputation entachée

Sa réputation a aussi pâti de la débâcle de Swissair. En 2006, le film «Grounding» a fait jouer au président du conseil d'administration de l'UBS le mauvais rôle dans la déconfiture de la compagnie aérienne, le rendant responsable de l'immobilisation des appareils.

Son déménagement à Wollerau (SZ), ville des bords du Lac de Zurich connue pour sa fiscalité avantageuse, a fait les gros titres. Bien que fervent du carnaval de Bâle et supporter du FC Bâle, il n'a pas hésité à quitter sa ville natale, expliquant sa décision par son troisième mariage en 2006 avec une femme vivant dans la localité schwytzoise. (ats)

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