Portrait du nouveau King de Wall Street
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Portrait du nouveau King de Wall Street

New York - Sa somptueuse fête d'anniversaire a réuni en février le gratin économico-politique des Etats-Unis: le financier Steve Schwarzman, 60 ans, patron de Blackstone qui est entré en Bourse vendredi, est la star incontestée de Wall Street.

Ce dirigeant à la poigne de fer, qui parle de «tuer» ses rivaux, couronné «roi de Wall Street» par le magazine Fortune en mars, se retrouvera après l'entrée en Bourse à la tête d'actions valant près de 8 milliards de dollars (10 milliards de francs), devenant ainsi l'une des 100 personnalités les plus riches du monde.

Né à Philadelphie, fils de commerçants - ses parents avaient un magasin de tissus -, diplômé de Yale, puis de Harvard, il débute sa carrière dans la banque d'affaires Lehman Brothers, la plus prestigieuse de Wall Street à l'époque. A 31 ans, il en devient l'un des associés, puis le responsable des fusions et acquisitions.

Proche du président Bush

A Yale, il avait pour camarade de chambre George W. Bush, dont il est resté proche, et est l'un des gros donateurs du Parti républicain, selon la presse.

«J'aurais détesté être un commerçant, je déteste devoir servir les autres», a raconté dans une interview celui qui se décrit comme «un petit homme cohérent». «Mon plus grand travail est de comprendre les gens, ce qui les motive», dit-il.

En 1985, après une lutte de pouvoir dans la banque, Steve Schwarzman et le co-président de Lehman, Peter Peterson, quittent le groupe pour fonder ensemble Blackstone - une allusion à leurs deux noms. Leur mise de départ est modeste: chacun met au pot 200 000 dollars.

Si Schwarzman possède l'ambition et le flair, Peter Peterson, de 20 ans son aîné, a les relations: il a été secrétaire du Commerce sous Nixon et siège à de nombreux conseils d'administrations. Déjà Schwarzman s'intéresse à un grand fonds, KKR, et veut lui aussi racheter et revendre des entreprises.

Mais il leur faut de l'argent pour investir. Peterson propose de chercher à lever 50 millions. Schwarzman suggère 1 milliard. Ils obtiendront 830 millions, presque un record pour une levée de fonds, qu'ils réussissent à boucler juste avant le krach boursier de 1987.

Orangina

Au fil des années, en évitant les bulles des années 90, Blackstone conclut des rachats et investissements de plus en plus gros - dont Orangina, United Biscuits ou même Madame Tussaud, le musée de cire londonien. Il capte de plus en plus d'argent: aujourd'hui Blackstone gère 88 milliards, et a fait 2,3 milliards de bénéficies en 2006.

Tout récemment, les choses sont accélérées: il vient notamment de racheter le promoteur Equity Office pour 39 milliards, presque un record - que KKR vient de battre avec un rachat à 45 milliards.

Marié à une petite-fille du magnat de la presse Randolph Hearst, donateur du Parti républicain, amateur d'art - il est l'un des administrateurs du New York City Ballet et de la Frick Collection- il habite un appartement de 35 pièces dans le plus prestigieux immeuble de New York: le 740 Park Avenue, peuplé de milliardaires.

Il a été payé 400 millions de dollars l'an dernier - plus d'un million par jour, davantage que la plupart des PDG mondiaux - et a déclaré en janvier valoir chaque centime de son salaire.

En février, la presse américaine a détaillé sa fastueuse fête pour ses 60 ans, dans un des plus grand bâtiments de New York somptueusement décoré, avec plusieurs centaines d'invités dont des grand noms de la finance et des médias et en prime un concert du chanteur Rod Stewart. La fête selon la presse aurait coûté 3 millions.

(ats)

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