Genève: Portugais et Espagnols tournent le dos aux isoloirs
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GenèvePortugais et Espagnols tournent le dos aux isoloirs

Les étrangers à Genève depuis huit ans peuvent voter au niveau communal. Un chercheur explique pourquoi certains en profitent peu.

par
Geoffrey Scarantino
Moins d'un Portugais sur six avait voté aux Municipales de 2011.

Moins d'un Portugais sur six avait voté aux Municipales de 2011.

«Si les Français, les Italiens et les Allemands ont un taux de participation proche des Suisses, ce n'est absolument pas le cas des Espagnols et Portugais» note Pascal Sciarini. Le politologue genevois juge peu probable que ces deux dernières populations modifient leur comportement pour les élections municipales du 19 avril. Et ce, malgré les efforts de l'Etat avec sa campagne de sensibilisation «J'ai 8 ans, je vote dans ma commune». Selon lui, trois hypothèses expliquent cette désaffection.

Pour rappel, depuis que les étrangers établis dans le canton depuis huit ans au moins peuvent voter, leur participation n'a jamais dépassé les 30% (en 2007 comme en 2011). Ce pourcentage tombe à 22% pour les ibériques et à 15% pour les lusitaniens, selon les chiffres de l'Office cantonal de la statistique. En comparaison, Allemands (51%), Français (37%) et Italiens (36%) font figure de bons élèves, en tout les cas proche de la moyenne, qui s'était établie à 39% voici quatre ans.

Totalitarisme et rêve de retour

Pour le politologue, «il est clair que le manque de connaissance des populations ouvrières agit comme un frein à leur implication dans la politique locale. Il faut ajouter aussi que comparés à leurs homologues allemands ou français, le Portugal et l'Espagne étaient encore, il n'y a pas si longtemps, soumis à un régime totalitaire. Le fait de voter n'est pas ancré dans leurs gènes».

Pascal Sciarini avance enfin une troisième hypothèse, qui primerait les deux autres. «Beaucoup de Portugais et d'Espagnols viennent en Suisse avec comme objectif un retour dans leur pays tôt ou tard. Cela me paraît constituer une bonne explication quant à leur faible participation dans lors des votations.»

"Le Sud vote à droite"

Il n'existe pas de statistique sur les intentions de vote des étrangers. Néanmoins, une étude a été réalisée sur les choix opérés par les naturalisés suisses: les choix électoraux des personnes originaires du sud de l'Europe tendent vers le centre droit et le PDC. Les populations musulmanes et de l'Europe de l'est privilégient la gauche. Les étrangers genevois constituent un gros potentiel électoral, mais difficile de l'exploiter: avant de les convaincre de voter pour eux, les partis devront déjà les amener aux urnes.

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