Actualisé 13.10.2012 à 22:30

Crise de la dettePortugal et Espagne dans la rue

La péninsule ibérique a été samedi à la pointe des protestations contre l'austérité.

De nombreux Espagnols sont descendus dans la rue samedi.

De nombreux Espagnols sont descendus dans la rue samedi.

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Lisbonne et dans diverses villes du Portugal, tandis qu'à Madrid les «Indignés» ont organisé un concert de casseroles.

Au Portugal, les protestations ont pris un aspect festif et culturel avec la participation de nombreux artistes - comédiens, musiciens, chanteurs ou danseurs - notamment à Lisbonne où un podium a été installé sur la place d'Espagne, l'une des plus importantes de la capitale.

«La culture est résistance, les artistes sont dans la rue», a été le principal mot d'ordre de cette manifestation dite «culturelle» qui devait se prolonger tard dans la soirée et à laquelle plusieurs milliers de personnes ont assisté.

Des artistes ont également participé à des manifestations anti- austérité dans diverses villes du Portugal et notamment dans le nord à Porto et Braga.

En parallèle, le principal syndicat portugais, la CGTP, qui a appelé à la grève générale le 14 novembre, a fait défiler dans la capitale plusieurs milliers de sympathisants jusqu'au Parlement où doit être présenté lundi le budget pour 2013, d'une exceptionnelle rigueur.

Hausses d'impôts

En échange d'un plan de sauvetage de 78 milliards d'euros obtenu en mai 2011, le gouvernement portugais a mis en oeuvre un programme de réformes et de rigueur qui a contribué à aggraver la récession et le chômage, l'économie devant reculer cette année de 3%, et le nombre de chômeurs atteindre 16% de la population active.

Après avoir admis qu'il ne pourrait respecter ses engagements de réduction du déficit public, le gouvernement portugais a obtenu de la «troïka» (UE-FMI-BCE) représentant ses créanciers un allégement de ses objectifs, mais en échange il lui a fallu s'engager à de nouvelles mesures d'austérité. Il a opté pour une hausse généralisée des impôts.

A l'instar des «Indignés» espagnols, les groupes apolitiques portugais, désormais fer de lance de la contestation, utilisent les réseaux sociaux comme caisse de résonance. C'est ainsi qu'ils ont réussi, il y a un mois, à faire descendre plusieurs centaines de milliers de personnes.

Se faire entendre

Dans le centre de Madrid environ 2000 personnes ont manifesté à l'appel des «Indignés», en scandant «Nous ne devons rien à personne, nous ne payerons pas», le tout accompagné d'un concert de casseroles.

«L'idée, c'est de faire du bruit pour qu'ils nous entendent, mais nous savons déjà que ces dirigeants n'ont pas d'oreilles pour nous», a expliqué une manifestante.

Les protestataires, hommes et femmes de tous âges, certains avec leurs enfants, étaient partis du siège de la représentation de l'Union européenne (UE) dans la capitale espagnole pour parcourir le centre-ville et gagner la place de la Puerta del Sol, lieu emblématique du mouvement des «Indignés».

(ats/afp)

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