France: Positifs au Covid, des soignants continuent de travailler
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FrancePositifs au Covid, des soignants continuent de travailler

Par manque de personnel, des médecins atteints du coronavirus mais asymptomatiques doivent continuer d’exercer. «Un climat complètement délétère», dénonce un syndicaliste.

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joc/afp

Plus de dix soignants du CHU de Nantes (ouest) ont été testés positifs au Covid-19 mais continuent de travailler parce qu’ils sont asymptomatiques, rapporte «Ouest France». Cette situation est légale et validée depuis mai dernier par le Haut conseil de la santé publique. Si le médecin testé positif ne présente pas de symptômes et ne peut être remplacé pour «raison de tensions particulières en ressources humaines», alors il doit continuer d’exercer au sein de l’établissement.

En Suisse aussi

Il y a un mois, «20 minutes» révélait que certains employés du CHUV ne peuvent pas cesser de travailler bien qu’ils ont été en contact avec un patient positif au Covid-19. Ils ont été placés en «quarantaine sociale».

Selon Catherine Cossy, porte-parole du Département vaudois de la santé, cette décision se justifiait car «leur sécurité est garantie dans le respect des mesures définies par l’OFSP et le médecin cantonal».

Cette pratique inquiète le personnel du CHU de Nantes, où les malades sont de plus en plus nombreux. Secrétaire général CGT, Olivier Terrien décrit une ambiance tendue: cette situation «provoque un climat complètement délétère, car les agents ont peur», affirme-t-il à Europe 1. Le syndicaliste ajoute: «Aujourd’hui, on sait qu’au CHU de Nantes, on a un taux d’incidence supérieur à celui de la population. Les soignants se contaminent entre eux.»

De son côté, l’établissement dit «suivre la situation de près». Il assure respecter strictement les recommandations nationales qui se basent surtout sur le respect des gestes barrières entre soignants et patients. La CGT, elle, dénonce «une mise en danger du personnel et des usagers de l’hôpital». D’autres cas similaires ont été signalés à Nice (Alpes-Maritimes), à Bourgoin-Jallieu (Isère) et au Puy-en-Velay (Haute-Loire). Le Huffington Post rappelle que le mois dernier, le maire de Nice Christian Estrosi avait dénoncé ces situations «inconcevables».

Macron en direct à la télévision

Emmanuel Macron va accorder une interview à TF1 et France 2 mercredi à partir de 19h55. Le chef de l’État sera interrogé en direct de l’Élysée par Gilles Bouleau (TF1) et Anne-Sophie Lapix (France 2), selon un communiqué commun des chaînes. L’entretien «portera notamment sur la situation sanitaire et économique du pays, alors que la France fait face à une recrudescence de l’épidémie» de Covid-19.

Le président s’exprimera au terme d’une journée durant laquelle le gouvernement pourrait annoncer de nouvelles mesures, face à l’augmentation des cas de Covid-19 et du nombre de patients en réanimation. La France est «dans une deuxième vague forte» de l’épidémie de Covid-19 et «il ne peut plus y avoir de relâchement», a prévenu lundi le Premier ministre Jean Castex.

L’exécutif examinera lors du conseil de défense hebdomadaire mercredi «les données épidémiologiques pour voir s’il y a lieu d’aller plus loin» après les tours de vis donnés dans plusieurs métropoles, a-t-il précisé.

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