Pour Cali, la scène "c'est comme un match de rugby"
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Pour Cali, la scène "c'est comme un match de rugby"

Avec lui, la tendresse et la vacherie se mêlent sur de joyeuses mélodies. Cali avait emballé le public en 2004, sous le chapiteau, par sa folie presque désespérée. Sur scène, il donne de sa personne jusqu'à l'épuisement.

Parce qu'il déborde d'amour pour son public. Trop peut-être ?

Il est remonté sur la Grande scène vendredi à minuit. Mais avant de jouer « son match », Bruno Caliciuri s'est confié quelques minutes, avec un plaisir sincère. C'est quand le bonheur ? Quand il court sur scène.

Il est plus difficile d'écrire ou de monter sur scène ?

C'est un bonheur absolu de réussir une chanson et c'est souvent la magie sur scène. Pour moi, c'est l'aboutissement de tout, c'est la récompense. Ecrire une chanson c'est la première goutte. Le but du jeu c'est d'arriver à un océan.

Vous avez écrit cet album sur la route lors de votre précédente tournée. Et en ce moment, vous êtes inspiré ?

J'écris toujours. J'aime bien me dire que je ne suis pas sûr de refaire un autre album. J'écris des chansons pour moi, parce que ça me fait du bien.

Pour vous, ancien rugbyman, la scène c'est comme un match de rugby ?

Oui, il y a des similitudes extrêmes entre les deux, dans la préparation. On y pense toute la semaine. On en parle à ses musiciens. On se sert très fort dans les loges et juste avant de monter sur scène. Et on donne tout devant le public, pour mériter la troisième mi-temps, qui est la célébration de ce qui s'est passé en concert. Puis, en général, on fait la fête toute la nuit. C'était pareil quand je jouais au rugby.

Comment vous préparez-vous?

Juste avant d'entrer, je m'isole. Je chante les chansons difficiles, celles où il y a beaucoup de mots, pour m'enlever le trac. Et après je mets la tête entre mes jambes (c'est mon entraîneur de rugby qui m'avait expliqué ça), car le sang monte à la tête et cela permet d'être un petit peu étourdi. Cet étourdissement procure quelque chose d'étrange.

Certains concerts sont filmés pour en faire un DVD. Ce sera le cas ce soir ?

Ce concert-là ne sera pas filmé. Il y a un DVD qui va sortir. Mais je ne voulais pas un DVD du concert de Cali. Parce ce n'est jamais aussi bien qu'en vrai. Ma maison de disque me l'a proposé et j'ai quand même accepté de le faire, à condition que ce soit très bordélique, sans queue ni tête. Ce sera une création.

"Menteur", c'est le titre de votre album. Quel a été votre mensonge aujourd'hui?

Si j'en ai dit qu'un, c'est que je vieillis (rires). Je suis un imposteur, un menteur. L'important c'est de ne pas faire mal aux gens. Mais je mens beaucoup moins qu'avant. J'ai l'impression de moins tricher en écrivant sans pudeur ce qu'il m'arrive, parce que c'est ma vie. Alors aujourd'hui, le mensonge que j'ai fait…. On est arrivé près du Paléo. J'ai appelé mon régisseur pour lui dire: On est perdu, on s'est gouré de route, je crois qu'on n'est même pas en Suisse. On ne pourra pas jouer ce soir, c'est terrible. Je l'ai rappelé ensuite pour lui dire que ce n'était pas vrai. Mais j'aime bien ces petits moments de stress.

Après le concert, où allez-vous finir la nuit ?

Dans un bus… On doit partir pour jouer demain soir en Bretagne, aux Vieilles Charrues. On n'est pas sûr d'être à l'heure. Il y a deux ans, j'ai eu la chance de pouvoir vivre le Paléo sur deux jours et de faire la fête avec des gens adorables du festival.

Quel souvenir vous allez rapporter du Paléo festival ?

(Il réfléchit) Des tee-shirts. J'espère qu'on va me faire un cadeau inédit ce soir. J'en demande beaucoup et de plus en plus. C'est terrible. Une vraie diva !

Quel était votre cadeau en 2004, pour votre premier Paléo ?

J'ai dû m'enfuir en courant il y a deux ans, parce que Miossec me poursuivait avec une fourchette qu'il voulait me planter dans le dos. Je n'ai pas pu ramener quoi que ce soit !

Il sera là ce soir ?

Non. J'ai demandé à mes gardes du corps de ne pas laisser rentrer cet individu infréquentable (sourire).

Il y a un autre « individu infréquentable » : Laurent Fabius ? Est-ce qu'il vous a fait ses excuses ?

Oh… Il n'avait pas à s'excuser. Il a utilisé ma chanson C'est quand le bonheur (ndlr : lors d'un banquet officiel en juin dernier). Ce qui m'a gêné, ce n'est pas qu'il l'utilise, mais par politesse, il aurait pu me demander de l'utiliser. Ce qui m'a le plus embêté, c'est que des journaux télévisés en France m'ont associé à son comité de soutien. J'espère que cela ne fera pas plus de vagues que ça.

Propos recueillis par Sophie Roselli

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