Stratégie vaccinale - Pour contrer les variants, mieux vaut avoir eu deux doses
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Stratégie vaccinalePour contrer les variants, mieux vaut avoir eu deux doses

Une étude britannique indique qu’une seule dose de vaccin laisse souvent la voie libre aux variants. La stratégie choisie par le Royaume-Uni expliquerait ainsi la récente augmentation des cas.

Retarder l’administration de la seconde dose de vaccin anti-Covid pour donner accès à plus de monde à la première injection n’est pas forcément un pari gagnant.

Retarder l’administration de la seconde dose de vaccin anti-Covid pour donner accès à plus de monde à la première injection n’est pas forcément un pari gagnant.

20min/Marvin Ancian

Le Royaume-Uni est sur le point de reporter d’un mois les derniers assouplissements qui auraient dû entrer en vigueur tout prochainement. Récemment, une augmentation rapide du nombre d’infections y a été enregistrée. Le variant Delta (détecté en Inde), encore plus contagieux que les précédents, est désormais largement majoritaire sur les îles Britanniques. Pourtant, le Royaume-Uni a été l’un des États les plus précoces et rapides en termes de vaccination.

Ne pas retarder la seconde dose

Mais la stratégie choisie est désormais questionnée par des scientifiques, qui ont publié une étude dans laquelle ils montrent que, pour être efficacement protégé contre les variants, les deux doses d’un des vaccins sont nécessaires, comme le relève le «Tages-Anzeiger». En revanche, contre la souche originale (qui a désormais presque disparu), une seule dose montrait déjà une forte protection.

Or le Royaume-Uni a fait le choix de repousser l’injection de la seconde dose afin de pouvoir offrir la première à un nombre plus élevé de personnes. Pour les chercheurs, ce choix aurait hélas permis au variant Delta d’infecter des personnes qui n’avaient donc reçu qu’une dose.

La Suisse bien positionnée

Le constat est donc à la fois inquiétant et encourageant. D’une part, les données récoltées par les chercheurs montrent que les vaccins sont un peu moins efficaces contre les variants. Cependant, avec deux doses, la protection, bien qu’un peu diminuée, reste très forte parmi les personnes qui ont participé à l’étude.

En Suisse, le déroulement de la campagne de vaccination pourrait être un avantage. Comme le relève l’OFSP via ses analyses aléatoires de séquençage, le variant Delta n’est pour l’instant responsable que de 1,6% des infections. Et la Suisse, qui a pour sa part choisi de ne pas dépasser un délai de quatre semaines entre les deux injections, voit le nombre de personnes entièrement vaccinées augmenter très vite.

Pour contrer le variant Delta, il faudra que la couverture vaccinale soit suffisamment importante pour éviter une croissance très rapide des infections, comme c’est le cas au Royaume-Uni actuellement.

(ywe)

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